Les chiffres, des milliards, ont été rendus publics le 19 février 2026 à Abidjan, lors de la conférence-bilan annuelle du Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire.
Sa directrice générale, Solange Amichia, a présenté le résultat de cinq années de mobilisation : sur la période 2021–2025, les investissements privés agréés en Côte d’Ivoire ont atteint 4242 milliards de francs CFA, soit un taux de réalisation de 66 % de l’objectif de 6 400 milliards fixé pour la même période.
C’est un résultat en demi-teinte. Mais les données sectorielles et la progression annuelle racontent une autre histoire.
Pour la seule année 2025, le volume des investissements agréés a atteint 812,67 milliards FCFA, contre 741,46 milliards FCFA en 2024, soit une augmentation de 9,6 %. Les services ont capté 52,83 % de ces flux, l’industrie 44,58 %, tandis que l’agriculture, filière pourtant stratégique dans un pays premier producteur mondial de cacao, se limitait à 2,59 %. Enfin, on notera que les intentions d’investissement ont, elles, atteint 5 108 milliards FCFA sur l’année, en retrait par rapport au pic de 2024, ce que Mme Amichia a interprété non comme un recul, mais comme un recentrage sur des projets plus matures.
154 projets ont été agréés en 2025, contre 146 l’année précédente, et ces projets devraient générer 5 910 emplois permanents, soit une progression de 22,5 %. Bref, la dynamique reste orientée à la hausse, même si l’objectif quinquennal n’a pas été pleinement atteint.
Un fait mérite d’être relevé. 51 % des investissements agréés en 2025 proviennent d’investisseurs nationaux, ce qui marque une montée en puissance du capital privé ivoirien dans le tissu productif du pays. Du côté étranger, la France reste le premier investisseur direct étranger avec 21 % des flux, devant la Chine (7 %) et Singapour (6 %).
La création d’entreprises suit la même tendance. 26 948 entreprises ont été enregistrées en 2025, soit une hausse de plus de 6 % par rapport à 2024. Un chiffre brut qui, comme le soulignent certains observateurs, ne dit rien de la durabilité réelle de ces structures une fois créées.
Sur le plan de l’environnement des affaires, le CEPICI met en avant les notations maintenues de Moody’s (Ba3 positive), Fitch Ratings (BB stable) et Bloomfield (A+ en monnaie locale), ainsi que l’amélioration de l’indice de perception de la corruption entre 2021 et 2024. Pour 2026–2028, l’institution annonce un agenda de réformes centré sur la digitalisation, la gouvernance et la promotion des opportunités locales.