Le gouvernement de Côte d’Ivoire a convoqué ce mercredi 5 février 2026 l’ambassadrice du Niger à Abidjan. Abidjan réagit aux déclarations du général Abdourahamane Tiani qui a accusé le président Alassane Ouattara de parrainer l’attaque contre l’aéroport de Niamey survenue dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026.
La ministre d’État Kaba Nialé a reçu l’ambassadrice Badamassi Alfari Sita Sahida Djarori au ministère des Affaires étrangères. L’entretien s’est tenu en début d’après-midi. Le gouvernement a transmis un courrier de protestation formel aux autorités nigériennes pour exprimer sa « vive indignation » face à des propos jugés contraires aux usages diplomatiques.
Selon l’Agence Anadolu, le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly a qualifié de « grotesque » l’implication de la Côte d’Ivoire dans cet assaut revendiqué par le groupe terroriste État islamique. « Nous refusons que l’image de celui qui incarne notre pays soit brocardée. Tant qu’il s’agissait d’accusations globales, nous n’avions pas jugé nécessaire de répondre, sachant que notre pays n’a rien à se reprocher », a-t-il déclaré lors du compte-rendu du Conseil des ministres.
Le général Tiani avait accusé nommément trois chefs d’État d’être les « sponsors » des assaillants. Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara figuraient sur cette liste. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires que nous les avons suffisamment écoutés aboyer ; qu’ils s’apprêtent, eux aussi, à leur tour, à nous entendre rugir », avait-il lancé dans une allocution diffusée sur la radio publique La Voix du Sahel.
L’attaque a visé l’aéroport international Diori Hamani et la base aérienne 101 pendant une trentaine de minutes. Le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Modi, a affirmé qu’un groupe de mercenaires télécommandés avait mené l’assaut. Bref, vingt assaillants ont été tués selon les autorités nigériennes. Quatre militaires ont été blessés et du matériel endommagé, dont un stock de munitions qui a pris feu.

