Le gouvernement britannique a annoncé la suspension des visas étudiants pour le Cameroun, et du Soudan. Les visas de travail qualifié pour les Afghans sont également concernés par cette mesure. Cette décision entrera en vigueur le 26 mars, selon le ministère britannique de l’Intérieur.
Le Home Office invoque une explosion des demandes d’asile déposées par des étudiants entrés légalement au Royaume-Uni via ces filières.
Selon les chiffres officiels publiés par le ministère, ces demandes ont bondi de plus de 470 % entre 2021 et 2025 pour les quatre nationalités visées.
La mesure repose sur un dispositif juridique baptisé emergency brake un « frein d’urgence » introduit par la loi sur l’immigration adoptée l’année dernière mais jamais utilisé jusqu’ici.
Ce mécanisme permet aux ministres de suspendre des catégories de visas pour une durée pouvant aller jusqu’à douze mois, le temps de revoir les dispositifs de contrôle.
La ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood l’a activé après que des analyses internes ont confirmé l’ampleur du détournement des voies légales d’entrée à des fins de demande d’asile.
Les chiffres du Home Office précisent l’ampleur du phénomène selon les pays : les demandes émanant d’étudiants birmans ont été multipliées par seize sur la même période, tandis que celles des ressortissants camerounais et soudanais ont progressé de plus de 330 %.
Au total, le ministère recense 133 760 personnes ayant demandé l’asile après être entrées au Royaume-Uni par des voies légales depuis 2021, soit près de 39 % des 100 000 demandes enregistrées l’année dernière.
Une réforme plus large du système d’asile britannique
Cette suspension fait partie d’une série de décisions annoncées cette semaine par la ministre. Dès le 2 mars, le gouvernement Starmer a mis fin au statut de réfugié permanent : toute protection accordée sera désormais révisée tous les trente mois, et les personnes dont le pays d’origine est ultérieurement jugé sûr par les autorités britanniques devront rentrer chez elles. La pression politique est réelle.
Le parti Reform UK progresse dans les sondages en capitalisant sur le rejet de l’immigration, ce qui pousse le gouvernement travailliste à démontrer sa capacité à contrôler les flux migratoires, y compris sur les voies légales.