Congo Airways : Félix Tshisekedi prend une décision pour relancer l’entreprise

Congo Airways

Crédits photo : Congo Airways, RDC, fevrier 2024 © X Congo Airways

Congo Airways traverse une crise profonde depuis plusieurs années. La compagnie nationale de la RDC ne dispose plus d’aucun appareil en propre opérationnel. Elle loue des avions, une solution coûteuse qui pèse sur le prix des billets dans un marché peu concurrentiel. Fondée en 2015, elle relie pourtant les principales villes d’un pays grand comme l’Europe occidentale.

Lors de la 83e réunion du Conseil des ministres, tenue le 20 mars 2026 à la Cité de l’Union africaine, Félix Tshisekedi a ordonné l’élaboration d’un nouveau plan de relance pour Congo Airways. Le chef de l’État avait été saisi du rapport d’une mission d’enquête mixte dépêchée auprès de la compagnie en décembre 2025, composée de l’Inspection générale des finances, du Conseil supérieur du portefeuille et de l’Autorité de l’aviation civile. La mission avait pour mandat d’examiner les griefs formulés par un collectif d’agents et d’évaluer la gestion administrative, financière et opérationnelle de l’entreprise.

Les conclusions sont sans appel. Le compte rendu officiel précise : « Malgré les efforts engagés dans le cadre du plan d’urgence de relance de cette entreprise, dont il avait instruit les financements lors de la 111e réunion du Conseil des ministres du 15 septembre 2023, Congo Airways demeure confronté à de graves dysfonctionnements compromettant toute relance efficace et durable ». Tous les appareils en propre sont cloués au sol. Même l’Embraer financé par la Caisse nationale de sécurité sociale reste immobilisé, faute de pilotes spécialisés, de documentation technique et de pièces de rechange.

La compagnie accumulait déjà les difficultés : deux Airbus immobilisés, des coûts de maintenance élevés et des problèmes de sécurité récurrents. En 2021, des allégations de surfacturation avaient éclaté au moment où la compagnie projetait d’élargir sa flotte. Le rapport soumis au président ajoute que la détérioration continue expose l’État actionnaire à des risques juridiques, financiers et de réputation.

En réponse, Tshisekedi a chargé le vice-Premier ministre des Transports, le ministre des Finances et la ministre du Portefeuille, sous la supervision de la Première ministre, d’élaborer un plan de relance réaliste. Ce plan devra intégrer des mécanismes de contrôle interne, de conformité réglementaire et d’audit approfondi, notamment en matière de ressources humaines. Le chef de l’État a aussi exigé que la lumière soit faite sur les modalités d’acquisition et de financement des aéronefs récemment acquis par la CNSS.

Le compte rendu du Conseil ajoute une autre exigence : l’État doit s’acquitter de ses propres dettes envers Congo Airways. Sans ce paiement, la compagnie ne peut mobiliser les ressources nécessaires à sa remise en service. Selon Financial Afrik, le gouvernement prévoit dans ce plan de renforcer la gouvernance, le contrôle interne et le suivi des performances.

En attendant, c’est Air Congo, coentreprise entre l’État congolais et Ethiopian Airlines, qui assure les liaisons intérieures avec trois Boeing. Cette continuité opérationnelle permet de préserver une présence congolaise dans les airs pendant que Congo Airways tente de sortir de l’impasse. La RDC dispose d’un réseau fluvial limité et d’infrastructures routières déficientes sur une grande partie du territoire. L’aviation intérieure reste souvent le seul moyen de déplacement rapide entre provinces.

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