Le chef d’État de l’Ukraine Volodymyr Zelensky a modifié son discours sur le projet des États-Unis pour arrêter le conflit avec la Russie. Ce mardi 25 novembre 2025, Volodymyr Zelensky a déclaré que la version révisée du plan américain contient des éléments susceptibles de conduire à des accords substantiels. Une évolution notable après le rejet catégorique exprimé vendredi dernier, lorsque le dirigeant avait affirmé qu’il ne trahirait jamais son pays face à un texte jugé trop favorable à Moscou.
Le président ukrainien a toutefois maintenu ses réserves. Des points demeurent sensibles. Il souhaite les aborder directement avec Donald Trump lors d’une rencontre qu’il espère organiser rapidement. « Ce cadre est sur la table et nous sommes prêts à aller de l’avant ensemble », a-t-il annoncé devant les membres de la Coalition des volontaires.
La première mouture du plan, composée de 28 articles, avait provoqué une levée de boucliers à Kiev et dans les capitales européennes. Washington et Moscou l’avaient élaborée sans consultation préalable de l’Ukraine ni de l’Union européenne. Le document exigeait que Kiev cède l’intégralité du Donbass, réduise son armée à 600 000 soldats contre plus de 900 000 actuellement, renonce à l’adhésion à l’Otan et organise des élections sous 100 jours. Bref, une capitulation déguisée aux yeux des Ukrainiens.
Les négociations se sont intensifiées depuis dimanche. Une réunion s’est tenue à Genève entre les délégations américaine, européenne et ukrainienne. Les discussions ont abouti à une version affinée du texte, désormais réduite à 19 points selon certaines sources. Le secrétaire à l’Armée de terre Dan Driscoll a mené lundi des pourparlers secrets à Abou Dhabi avec une délégation russe. L’envoyé spécial Steve Witkoff doit se rendre à Moscou pour régler les derniers désaccords avec Vladimir Poutine.
Dans son allocution quotidienne à la population, Zelensky a souligné le poids de Washington dans ce processus. « Je compte sur une coopération active continue avec la partie américaine et avec le président Trump. Beaucoup dépend de l’Amérique, car la Russie accorde la plus grande attention à la force américaine », a-t-il déclaré. Le président ukrainien a également dénoncé le cynisme de Moscou, qui poursuit ses bombardements pendant que les tractations avancent.
Les frappes russes se sont intensifiées ces derniers jours. Kiev a été touchée dans la nuit de lundi à mardi. Au moins six personnes ont péri dans deux immeubles résidentiels. La distribution d’eau et d’électricité a été perturbée dans plusieurs quartiers de la capitale. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga a qualifié ces attaques de « réaction terroriste » aux propositions de paix.
Enfin, Zelensky a appelé les dirigeants européens à participer aux négociations. « Les décisions en matière de sécurité concernant l’Europe doivent inclure l’Europe », a-t-il martelé. Une position partagée par Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer, qui ont insisté sur la nécessité d’un consensus entre Européens, Ukrainiens et membres de l’Otan. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a rappelé ce principe : rien ne doit être décidé sur l’Ukraine sans l’Ukraine.
Le secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien Roustem Oumerov a exprimé le souhait d’organiser une visite de Zelensky aux États-Unis avant la fin novembre. L’objectif : finaliser les derniers points avec Trump et parvenir à un compromis acceptable. Le 27 novembre, date de Thanksgiving, avait initialement été fixé comme échéance par l’administration américaine. Cette pression temporelle ajoute à la tension qui règne à Kiev.
Vladimir Poutine a estimé vendredi que le plan américain pouvait servir de base à un règlement. Le Kremlin maintient sa position : l’Ukraine doit négocier maintenant ou risquer de perdre davantage de territoires. Moscou poursuit sa progression sur le terrain. L’armée russe revendique chaque semaine la prise de nouveaux villages le long du front.
L’Ukraine traverse un moment périlleux. Le pays doit composer entre la préservation de sa dignité nationale et le maintien de son alliance avec Washington. Zelensky tente de naviguer entre ces deux impératifs, conscient que l’issue de cette guerre se joue désormais autant sur le terrain diplomatique que militaire.