Au terme d’une saison agitée et d’un sprint final maîtrisé, l’OM valide une qualification pour la Ligue Europa, arrachée au forceps mais suffisante pour sauver son rang européen.
Au terme d’une saison à hauts risques, l’OM a fini par arracher une qualification pour la Ligue Europa au prix d’un dernier sprint sous tension, conclu par une victoire décisive face à Rennes (3-1). Une issue qui vient refermer une année marquée par une instabilité permanente, presque digne d’un scénario Netflix, où chaque mois a semblé écrire un nouvel épisode d’un mauvais film à rebondissements. Tout avait débuté par la crise interne déclenchée dès l’été autour de l’affaire Rabiot–Rowe, puis sont venus les doutes sportifs persistants, les changements de dynamique sur le banc avec le départ de Roberto De Zerbi et Pablo Longoria, les mises au vert à Marbella, les grandes prises de paroles houleuses de Medhi Benatia et un vestiaire parfois à la limite de la rupture, le club phocéen a longtemps flirté avec l’idée d’une saison blanche. À cela s’est ajoutée une atmosphère électrique autour du Vélodrome, jusqu’à une grève annoncée en début de rencontre décisive, symbole d’un club en tension constante avec son environnement.
Pourtant, dans ce chaos apparent, Marseille a fini par se raccrocher à son ADN européen, retrouvant dans l’urgence ce mélange d’intensité et de résilience qui lui permet d’éviter le naufrage. En face, le Stade Rennais de Franck Haise abordait cette fin de saison avec des ambitions similaires et tout aussi brûlantes avec un espoir de podium et nécessité de validation d’un projet encore en transition. Battus au Vélodrome, les Bretons ont vu s’éloigner la Ligue des Champions et doivent désormais se contenter de la Ligue Conférence, sauf rebondissement dépendant de la finale de Coupe de France. Au micro de Ligue 1+, Habib Beye a refusé toute lecture condescendante de la qualification européenne de l’OM. Pour lui, la Ligue Europa ne représente ni une consolation ni une régression, mais bien une compétition structurante pour un club de cette dimension. Une posture qui s’inscrit dans la culture marseillaise elle-même, où les joutes européennes restent un marqueur identitaire fort.
Les souvenirs de l’épopée de 2018
Une issue qui, au-delà du résultat brut, vient refermer une campagne où tout a vacillé à un moment ou à un autre. Après la rencontre, Habib Beye a assumé autant le parcours que l’objectif atteint, en rappelant le poids du club, de son histoire européenne et de ce que représente encore une qualification continentale dans un championnat toujours plus exigeant. On a emballé ce match. On a marqué très vite. On a entendu les deux virages. Ils ont vu les joueurs conquérants pour aller chercher cette place en coupe d’Europe. Ce n’est pas l’objectif de départ mais il y a une réalité : nous sommes à 2 points de ce spot en Ligue des Champions.
On a été chercher cette place en Europa League. C’est l’ADN du club il ne faut pas l’oublier. J’étais joueur et supporter dans ce stade. J’ai vu Hiroki Sakai marquer un but ici en Europa League et j’ai vu un stade en fusion. Il ne faut pas galvauder une coupe d’Europe. Regardez tous les grands clubs dans les grands championnats ce n’est pas simple. Être deux fois de suite en LDC n’est pas simple. Aujourd’hui on est 5e, il faut assumer et apprécier que nous soyons en coupe d’Europe. Quand on voit ces équipes en Europa League, il faut respecter. Elle n’est pas simple. Ce n’est pas donné à tout le monde. Il fallait gagner ce soir et marquer positivement», a martelé l’entraîneur sénégalais.
Une fin de saison qui, malgré les turbulences, laisse place à une forme de validation collective, arrachée dans l’effort et dans la durée. «Il y a de la satisfaction ce soir. J’ai entendu qu’on ne jouait plus rien, c’est pas important l’Europa League, et c’est pas vrai. C’était important pour les joueurs. Et quand on regarde les destins croisés, il y a d’autres équipes qui n’iront pas en coupe d’Europe. Je n’ai jamais douté car j’ai foi en mon travail, en mon groupe, en mon staff, en ce club qui m’a donné la chance d’entraîner l’OM. J’ai eu des difficultés comme mon groupe. Dans des saisons difficiles, il faut s’accrocher à d’autres objectifs et ce soir, c’était l’Europa League.
J’ai eu de la chance d’avoir mes joueurs. On a été au bout de notre saison. On les a maintenus dans notre objectif. Ils ont eu ce regain de caractère et de fierté. Ma mission était de qualifier en Coupe d’Europe, oui la Ligue des Champions mais ce sera en Europa League», a-t-il conclu. Une qualification arrachée dans la douleur, assumée sans détour, et qui rappelle surtout une chose… A Marseille, même quand l’objectif n’est pas celui rêvé, l’Europe reste une obligation de standing… et un minimum non négociable.