Au Ghana, le ministre des Finances interdit l’entrée de 9 marchandises par les frontières terrestres. Ces marchandises devront passer par le port et donc par la voie maritime. L’objectif est de protéger les recettes publiques.
La mesure risque de chambouler les habitudes des commerçants. Les vendeurs des pays voisins du Ghana à savoir le Togo, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso risqueraient d’être les plus affectés. Il ne pourront plus faire passer leurs marchandises par la voie terrestre.
En effet, le lundi 9 mars 2026, le ministre ghanéens des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, a ordonné à l’Autorité fiscale du Ghana (GRA) de mettre immédiatement en œuvre une série de mesures visant à renforcer les contrôles aux frontières et à protéger les recettes publiques.
Cette directive fait suite à une réunion entre le ministre des Finances, le commissaire par intérim des douanes, M. Aaron Akanor, et la direction de la division des douanes de la GRA afin d’examiner les développements récents aux frontières du Ghana.
À l’issue des discussions, le ministre a ordonné l’interdiction immédiate du transit terrestre de certaines marchandises.
Désormais, ces produits devront être acheminés exclusivement par les ports maritimes du Ghana. Ils ne seront plus autorisés à entrer ou à transiter par le pays via les frontières terrestres.
Les produits concernés par la directive sont les suivants :
1. Huile de cuisson
2. Riz
3. Sucre
4. Produits surgelés
5. Textiles
6. Farine
7. Tomates en conserve
8. Pâtes / Spaghetti
9. Produits pharmaceutiques
Le Ghana veut renforcer les contrôles aux frontières et lutter contre les pertes de recettes
Selon le ministre des Finances du Ghana, cette décision a un double objectif. Elle vise à renforcer les contrôles aux frontières d’une part et à lutter contre les pertes de recettes récurrentes liées au transit de ces marchandises par les frontières terrestres d’autre part.
En outre, le Dr Forson a ordonné la recentralisation du Bureau des services techniques douaniers (CTSB) afin de mettre en place un guichet unique pour l’évaluation et d’améliorer le partage des renseignements au sein de la division douanière.
Cette mesure permettra également d’améliorer l’utilisation des données et des informations générées par le système d’intelligence artificielle Publican*, renforçant ainsi la capacité des douanes à détecter les irrégularités et à améliorer la conformité.
Le ministre des Finances a souligné que ces mesures visent à renforcer l’application de la loi aux frontières du Ghana, à combler les pertes de recettes et à protéger les recettes publiques.
Il a donc donné instruction à tous les départements et services concernés de la division douanière de l’administration fiscale ghanéenne de veiller au strict respect des nouvelles directives, avec effet immédiat.
Pour sa part, le nouveau commissaire des douanes a déclaré qu’ils feraient tout leur possible pour ne pas décevoir le ministre et la nation.
* Systèmes d’intelligence artificielle Publican
Les Systèmes d’Intelligence Artificielle Publics (SIAP) sont conçus pour améliorer l’efficacité et la qualité des services publics.
Ils permettent d’améliorer la productivité et la qualité des tâches, de réduire les coûts, d’optimiser l’interaction avec les usagers, et d’assister les agents publics dans leurs décisions.
Ces systèmes sont également utilisés pour analyser les données de la région, identifier et prédire les tendances, et élaborer des scénarios informés.
Source : Ministère des Finances du Ghana
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