Faire aboutir les politiques industrielles en Afrique
Dans ce contexte, le rapport souligne que le défi de croissance de l’Afrique est avant tout structurel, se traduisant par de faibles niveaux d’investissement, une productivité limitée et une création d’emplois insuffisante. Alors que l’intérêt pour les politiques industrielles connaît un regain, les efforts passés ont souvent échoué en raison de capacités de mise en œuvre limitées ainsi que de contraintes budgétaires et institutionnelles. Le rapport propose une approche pragmatique, fondée sur les écosystèmes, qui aligne les instruments de politique publique sur les capacités des pays afin de générer des gains de productivité et une transformation structurelle durable.
Ce qu’il faut retenir
4. Une politique industrielle bien conçue peut jouer un rôle déterminant en permettant aux pays de développer des secteurs prioritaires et de capter une demande croissante pour les produits africains — des minerais critiques aux produits pharmaceutiques — tout en évoluant vers des activités à plus forte valeur ajoutée et des emplois de meilleure qualité. Son succès repose sur une conception réaliste, des capacités solides de mise en œuvre et une intégration dans des écosystèmes plus larges, incluant infrastructures, compétences, financement et marchés régionaux.
Des capacités d’innovation et des transferts de technologie bridés par la faiblesse des dépenses en R&D
Le niveau de dépenses en recherche et développement (R&D) conditionne le type de politique industrielle susceptible de réussir dans un contexte national donné. Les entreprises sont réticentes à s’engager dans des activités qui exigent des compétences absentes du marché local du travail. La transformation agroalimentaire avec exigences de normes de qualité, la fabrication légère destinée à l’export ou encore les services numériques supposent des compétences techniques qui ne sont que rarement suffisamment dispensées par les systèmes d’enseignement secondaire général. La cible fixée par l’Union africaine — consacrer 1 % du PIB à la R&D — est loin d’être atteinte dans la grande majorité des pays d’Afrique subsaharienne, dont les dépenses se situent le plus souvent entre 0,1 % et 0,4 % du PIB. Seuls le Kenya (0,81 %), l’Afrique du Sud (0,62 %) et le Sénégal (0,58 %) s’en approchent.

Source : Institut de statistique de l’UNESCO, 2024.
Note : PIB = produit intérieur brut ; OCDE = Organisation de coopération et de développement économiques ; R&D = recherche et développement ; SSA = Afrique subsaharienne.
Rapport économique de l’Afrique : Avril 2026