Le Nigeria, première puissance économique d’Afrique de l’Ouest, intensifie ses efforts pour séduire le Japon autour de ses minéraux critiques, des ressources devenues indispensables à l’économie mondiale.
Longtemps resté en retrait en Afrique contrairement à son voisin la Chine, le Japon a fini par répondre à l’appel de l’ ancien président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina.
L’ancien patron de la BAD avait exhorté les investisseurs japonais à investir davantage dans le secteur minier africain.
« Le continent détient la clé de la transition mondiale vers les véhicules électriques grâce à ses abondants gisements de minéraux et de métaux », avait-il déclaré.
Les minéraux critiques, une nécessité pour le Japon
Les minéraux critiques sont au cœur du développement des technologies modernes, en particulier des batteries pour véhicules électriques et des solutions d’énergies renouvelables.
Alors que le pétrole a longtemps été considéré comme le moteur principal des transports, l’essor des véhicules électriques place désormais les minéraux critiques comme le nouveau « roi » de la mobilité durable.
Le Japon, quatrième puissance économique mondiale, se trouve confronté à une demande croissante en ces ressources vitales pour soutenir sa stratégie de transition énergétique et de décarbonisation.
Parmi les minéraux critiques les plus recherchés figurent les terres rares, le lithium, le cobalt et le nickel.
Chacun joue un rôle clé dans la fabrication des batteries, des équipements électroniques de pointe et des technologies vertes.
Leur disponibilité conditionne la réussite des politiques industrielles liées à l’énergie propre et à la réduction des émissions de carbone.
Conscient de ce potentiel, le Japon a déjà signé, par l’intermédiaire de l’Organisation japonaise pour les métaux et la sécurité énergétique (JOGMEC), des partenariats stratégiques avec plusieurs pays riches en ressources : la République démocratique du Congo (RDC), la Namibie et la Zambie.
Minéraux critiques : vers un partenariat entre Nigeria et Japon
L’ambition du Japon est d’augmenter les investissements de ses entreprises en Afrique. La puissance économique a affiché cette ambition lors de la 9e édition de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad) tenu à Yokohama au Japon.
Cette volonté japonaise vient à point nommé pour les dirigeants africains. De nombreux pays ont saisi l’occasion pour renforcer leur partenariat économique avec le Japon.
A l’instar des autres pays africains, le Nigeria a saisi sa chance. À Yokohama, le ministre nigérian des Minéraux solides, Dele Alake, a rencontré le président de JOGMEC, Michio Daito, afin de faire avancer les discussions sur les investissements japonais dans le secteur minier nigérian. Le ministre Dele Alake a annoncé l’information sur son compte X ce 24 août 2025.
Lors de cette rencontre, le ministre a mis en avant les atouts de son pays qui est le plus peuplé d’Afrique. Le ministre a notamment évoqué les réformes du président Bola Tinubu et la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée au Nigeria.
En outre, il a parlé de l’amélioration des infrastructures ainsi que les mesures incitatives offertes par le Nigeria, notamment les exonérations fiscales et les exonérations de droits de douane.
Ces éléments visent à attirer les investisseurs étrangers et à renforcer la compétitivité du pays sur le marché mondial des ressources naturelles.
« Le Japon a besoin de minéraux critiques, et le Nigéria est prêt à les lui fournir, transformés localement conformément à notre politique de valeur ajoutée », a affirmé Dele Alake.
Cette stratégie s’aligne sur la volonté d’industrialiser le Nigeria en privilégiant la transformation locale des ressources au lieu d’exporter uniquement les matières premières.
Le ministre a également souligné le rôle de la Nigeria Solid Minerals Corporation comme partenaire clé pour faciliter la coopération, renforcer les échanges techniques et établir un dialogue direct avec les acteurs japonais.
Avec cette offensive, le Nigeria cherche à s’imposer comme un partenaire incontournable dans la chaîne mondiale d’approvisionnement en minéraux critiques tels que le lithium, le cobalt, le nickel et les terres rares, indispensables à la transition énergétique et aux technologies modernes comme les batteries pour véhicules électriques et les énergies renouvelables.