Face au désert de candidatures pour la CAN 2028 et en prélude de l’organisation du mondial 2030, le royaume chérifien apparaît comme la planche de salut de la Confédération Africaine de Football.
Pourtant, cette position dominante s’accompagne d’exigences formulées par les autorités marocaines qui complexifient substantiellement les tractations en cours.
Cette situation génère des réactions contrastées au sein de la communauté footballistique africaine.
Certaines voix s’élèvent pour questionner la pertinence d’attribuer une nouvelle fois l’organisation au Maroc, arguant que d’autres nations mériteraient l’opportunité de développer leurs capacités d’accueil à travers un tel événement continental.
L’argument développé souligne l’importance de distribuer équitablement les retombées économiques et infrastructurelles associées à l’organisation d’une compétition majeure, permettant ainsi à différents territoires du continent de bénéficier des investissements massifs qu’elle génère.
Néanmoins, la réalité pragmatique s’impose avec force : peu de pays africains disposent actuellement des infrastructures nécessaires pour accueillir vingt-quatre équipes dans des conditions conformes aux standards internationaux.
Le royaume réfléchit stratégiquement à cette candidature potentielle, capitalisant sur l’expérience acquise lors de l’édition récente et sur la qualité reconnue de ses installations sportives.
Selon Foot mercato, cette réflexion témoigne d’une vision à long terme visant à positionner durablement le pays comme une destination privilégiée pour les grands événements sportifs africains.
L’édition 2025 organisée par le Maroc, qui s’est achevée le 18 janvier 2026 après avoir rassemblé vingt-quatre sélections nationales, a établi de nouveaux repères en matière d’excellence organisationnelle.
Le royaume a engagé plus de vingt milliards de dirhams, soit approximativement 1,8 milliard d’euros, pour moderniser et adapter ses infrastructures aux exigences d’une compétition internationale de premier plan.
Ces dépenses considérables ont couvert la rénovation complète des stades, l’amélioration des systèmes de transport, le renforcement des capacités hôtelières et la mise en place de technologies de pointe pour la diffusion télévisuelle.
Les installations ainsi développées ont permis d’offrir aux délégations, aux supporters et aux médias internationaux des conditions d’accueil saluées par l’ensemble des observateurs.
Cette mobilisation financière fait écho à l’édition 2023 disputée en Côte d’Ivoire, où les Éléphants avaient triomphé à domicile. L’organisation ivoirienne a nécessité des rénovations substantielles de plusieurs complexes sportifs et la modernisation d’infrastructures d’accueil à travers le pays.
Le succès simultané sur les plans sportif et logistique de cette édition a démontré qu’un pays africain peut relever le double défi d’organiser et de remporter sa propre compétition continentale.
Ces deux expériences récentes illustrent l’évolution rapide des attentes en matière de qualité organisationnelle, avec des critères toujours plus exigeants concernant le confort des spectateurs, la sécurité des événements et la capacité à générer des retombées médiatiques mondiales.
Une réforme calendaire qui amplifie les enjeux organisationnels
La transformation structurelle du calendrier footballistique africain ajoute une dimension supplémentaire aux défis de l’édition 2028. Le passage d’un rythme biennal à quadriennal, effectif dès cette échéance, vise à rehausser le prestige de la compétition en l’alignant sur le modèle des grandes rencontres continentales européennes ou sud-américaines.
Cette modification s’accompagnera de l’introduction d’une Ligue des Nations africaine programmée après la Coupe du monde des clubs organisée par la FIFA en 2029, promettant des dotations financières significativement revalorisées pour les participants et les vainqueurs.
L’urgence d’une décision stratégique pour la CAF
L’absence de désignation officielle d’un pays hôte place la Confédération Africaine de Football dans une posture inconfortable vis-à-vis de ses partenaires institutionnels et commerciaux.
Cette incertitude contraste fortement avec les pratiques observées pour d’autres grandes compétitions continentales, où les processus d’attribution s’achèvent généralement plusieurs années avant l’échéance prévue.
Le retard accumulé restreint considérablement les alternatives disponibles et renforce mécaniquement le pouvoir de négociation du Maroc, seule nation disposant d’infrastructures immédiatement opérationnelles et d’une expertise organisationnelle récemment démontrée.
Cette pression temporelle pourrait contraindre les instances dirigeantes à accepter des arrangements qu’elles auraient normalement contestés, établissant potentiellement des précédents problématiques pour les attributions futures.
Au-delà des considérations purement sportives, cette situation projette l’image d’une organisation fragilisée, incapable de planifier sereinement ses événements majeurs.