La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 s’est achevée au Maroc en janvier 2026 avec des rebondissements ces derniers jours avec l’annulation du titre du Sénégal.
Mais derrière la fête du football, une bataille numérique s’est livrée. Les chiffres publiés par Kaspersky donnent la mesure des risques encourus.
Dans le cadre du Projet Stadia d’INTERPOL, la société de cybersécurité Kaspersky a apporté son concours aux forces de l’ordre marocaines. L’objectif était de protéger la compétition et ses millions de spectateurs contre les cyberattaques. Les données de renseignement transmises ont permis d’anticiper plusieurs menaces.
Le bilan technique est éloquent. L’équipe Kaspersky Digital Footprint Intelligence a recensé sur le dark web plus de 2 116 000 identifiants liés à des utilisateurs marocains. Ces données avaient été volées par des logiciels malveillants appelés infostealers, conçus pour extraire des informations financières et personnelles.
Par ailleurs, Kaspersky a observé une montée de l’activité hacktiviste au Maroc entre septembre et décembre 2025. Environ 300 messages signalant des attaques contre des cibles marocaines ont circulé cette année-là. Les méthodes privilégiées étaient les attaques DDoS et la défiguration de sites web.
Des arnaques ciblant directement les supporters ont aussi été détectées. Plusieurs plateformes frauduleuses imitaient des sites de vente de billets pour la CAN. D’autres promettaient des récompenses aux internautes capables de prédire les résultats des matchs. Ces sites collectaient en réalité des données bancaires.
« Les grands événements internationaux constituent des cibles attractives pour les attaquants, qui lancent des opérations visant à exploiter des millions de supporters à travers divers stratagèmes frauduleux », a déclaré Yuliya Shlychkova, Vice-présidente des affaires publiques mondiales chez Kaspersky.
Cette collaboration entre Kaspersky et INTERPOL n’est pas isolée. Selon Kaspersky, la société avait déjà apporté un soutien similaire lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 et du Grand Prix de Formule 1 de Singapour 2025. Le Projet Stadia d’INTERPOL vise précisément à mobiliser des acteurs privés autour des grands événements sportifs.
Ce dispositif répond à une réalité documentée. Selon l’INTERPOL, les cybermenaces liées aux événements sportifs mondiaux ont progressé ces dernières années. Les stades connectés, les applications de billetterie et les réseaux sociaux multiplient les points d’entrée pour les cybercriminels.
Pour le Maroc, pays hôte d’une CAN suivie par des dizaines de millions de téléspectateurs sur le continent, l’exposition était particulièrement forte. La coopération entre autorités nationales et entreprises spécialisées a permis de contenir les risques sans incident majeur signalé pendant la compétition.
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