La Confédération africaine de football (CAF) entre dans une nouvelle ère : après des décennies de compétitions traditionnelles, le CHAN (Championnat d’Afrique des Nations) réservé aux joueurs locaux n’existera plus.
C’est ce qu’a annoncé Dr. Patrice Motsepe, président de la CAF, lors d’une conférence de presse tenue ce 17 janvier à Rabat.
Ce dernier a tranché net : « Il n’y a plus de CHAN », a‑t‑il déclaré, estimant que ce tournoi, bien qu’important pour les acteurs locaux, était devenu un « gouffre financier » pour la CAF ».
Cette décision marque ainsi une rupture importante dans le paysage du football africain. Le CHAN, créé pour valoriser les joueurs évoluant dans les championnats domestiques, disparaît ainsi du calendrier continental après avoir souffert de difficultés commerciales et d’une visibilité limitée sur la scène mondiale.
Au cœur de sa prise de décision, Motsepe a souligné que la CAF devait adapter ses compétitions aux réalités économiques du football moderne.
Il a expliqué que la structure actuelle du CHAN ne permettait pas à l’instance africaine de générer des revenus suffisants et que la nouvelle formule proposée offrira un modèle plus durable pour toutes les parties prenantes.
La fin du CHAN ne signifie pas la fin des opportunités pour les talents locaux. Patrice Motsepe a officialisé le lancement d’une nouvelle compétition : la Ligue des nations africaines, qui devrait se tenir chaque année à partir de 2029.
Cette ligue est conçue pour rassembler les sélections nationales africaines sur une base régulière, avec un format inspiré de la UEFA Nations League.
Elle vise à offrir plus de matchs compétitifs, à renforcer le niveau du football sur le continent et à attirer davantage d’investissements commerciaux et médiatiques.
La décision intervient alors que la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) elle‑même subit une réforme majeure. Motsepe a confirmé que la CAN passera à un cycle quadriennal à partir de 2028, une mesure prise pour mieux s’harmoniser avec le calendrier international et réduire la congestion des compétitions.
Cette transformation du calendrier africain suscite des réactions diverses à travers le continent. Si certains saluent une vision ambitieuse pour rendre le football africain plus compétitif et viable économiquement, d’autres regrettent la disparition d’une compétition qui avait permis à de nombreux joueurs locaux de se faire connaître.
Dans tous les cas, avec la fin du CHAN et l’arrivée de la Ligue des nations africaines, la CAF amorce une profonde refonte de ses compétitions, visant à répondre aux enjeux sportifs et financiers du XXIᵉ siècle.