Business d’ordinateurs ou téléphones gâtés à Lomé ; l’OMS alerte sur un danger

Le business des déchets électroniques notamment des ordinateurs ou téléphones portables qui se développe actuellement à Lomé n’est pas sans danger, selon l’OMS.

Il sonne 8 heures du matin à Lomé plus précisément au marché de Zanguera. Abdoul et ses frères se réunissent pour se départager les bassines et aussi les zones à couvrir.

Leurs activités consistent à échanger une bassine contre un téléphone gâté ou un ordinateur. Cette activité comme celui des acheteurs de ferrailles est principalement gérée par des étrangers venus du Sahel.

Après le partage, Abdoul prend la direction de Mission-Tové, une ville située à une trentaine de kilomètres de Lomé.

Muni d’un haut parleur qui répète en boucle la même phrase, il va faire le tour des différents quartiers : « Apportez un téléphone gâté et vous allez prendre un plastique ; apportez un ordinateur gâté et vous allez prendre un plastique ».

Qu’est-ce qui intéressent réellement les acheteurs de téléphones ou d’ordinateurs gâtés ?

Selon un rapport de l’OMS, les déchets électroniques renferment des ressources précieuses (or, argent, palladium, platine, cobalt et cuivre notamment).

On peut y voir aussi des matériaux plus volumineux (tels que le fer et l’aluminium). C’est donc ce qui motive les acheteurs de téléphones. Ils pourront revendre ces déchets et gagner de l’argent.

Ce business semble a priori être une belle idée pour une meilleure gestion des déchets électroniques à Lomé.

Par ailleurs, cette activité fait revivre le troc, une opération économique délaissée en Afrique avec l’utilisation des cauris puis de la monnaie. Mais concrètement, elle n’est pas sans danger pour la santé.

Quel est le danger ?

L’un des grands dangers qui peuvent naître de ce business est que des enfants se lancent dans la récupération de téléphones gâtés dans les poubelles. Cela aura des conséquences sur leur santé.

On a déjà vu cette tendance après l’arrivée du commerce de la ferraille. Communément appelée « Gakpo gblégblé », cette activité rapporte 100 Fcfa pour 1 kilo de ferraille.

Lorsque ça a commencé à Lomé, certains enfants fouillaient les ordures. Ils récupéraient les boîtes de conserve et les revendaient.

Si des enfants se mettaient cette fois-ci à fouiller les ordures pour récupérer les appareils, ils menaceraient leur santé sans le vouloir.

Le phénomène n’est pas unique au Togo. L’OMS a alerté sur l’ampleur mondiale du phénomène.

« La récupération informelle des déchets dans des décharges sauvages devient une source de revenus de plus en plus courante, y compris pour les femmes et les enfants », précise l’institution.

Elle ajoute que « les activités de recyclage des déchets électroniques peuvent avoir plusieurs effets néfastes sur la santé humaine. Les enfants et les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables ».

« Les déchets électroniques sont considérés comme des déchets dangereux, car ils contiennent des matières toxiques ou peuvent produire des produits chimiques toxiques lorsqu’ils sont traités de manière inappropriée.

Nombre de ces substances toxiques sont nocives pour la santé humaine, et plusieurs d’entre elles figurent parmi les dix produits chimiques préoccupants pour la santé publique, notamment les dioxines, le plomb et le mercure », explique l’OMS.

Avoir des détails sur l’article de l’OMS.

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