Au Burkina Faso, le Conseil des ministres a prononcé ce jeudi 5 février 2026 des sanctions disciplinaires contre sept agents de l’État pour corruption. Quatre révocations ont été actées. Les mesures font suite aux révélations diffusées par le KORAG le 1er février sur la chaîne publique RTB.
Le ministre Mathias Traoré, en charge des Serviteurs du Peuple, a détaillé la composition du groupe sanctionné. Cinq policiers, un médecin spécialiste et un agent du domaine de l’État figurent sur la liste. Les autorités disciplinaires ont traité les dossiers avec célérité selon le Conseil des ministres. Bref, les quatre agents révoqués comprennent deux policiers municipaux, un adjudant de la Police nationale et l’agent domanial.
Selon Burkina24, trois autres fonctionnaires comparaîtront devant les conseils de discipline. Il s’agit d’un adjudant de police, d’un médecin et d’un policier municipal. Le gouvernement a ordonné aux instances disciplinaires de parachever dans les meilleurs délais les procédures en cours. Le président Ibrahim Traoré souhaite montrer que la tolérance zéro devient effective après une année 2025 consacrée à la sensibilisation.
Le KORAG avait diffusé le 1er février une édition spéciale révélant des scènes de corruption filmées en caméra cachée. La télévision nationale RTB a montré pendant douze minutes des séquences captées dans divers services publics. Une scène enregistrée le 31 décembre 2025 dans un centre de santé hospitalier a retenu l’attention. Un médecin réclamait des billets de banque avant de « retrouver » miraculeusement un dossier qu’il prétendait égaré.
Le Quotidien Sidwaya rapporte que le Conseil des ministres s’est réuni sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré. Le ministre porte-parole Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a présenté les décisions prises conformément à la vision de la Révolution Progressiste Populaire. Les autorités entendent restaurer la confiance des citoyens envers les institutions par des sanctions exemplaires.
Le commandant Kiswendsida Farouk Azaria Tobouan Sorgho, porte-parole du KORAG, avait annoncé fin janvier le durcissement des mesures pour 2026. « Le capitaine Ibrahim Traoré a instruit ses services de durcir le ton », avait-il déclaré lors d’une édition spéciale diffusée le samedi 31 janvier. La stratégie gouvernementale privilégie désormais la preuve, la sanction et la prévention par l’exemple.
Le KORAG déploie des moyens technologiques pour filmer les agents publics réclamant de l’argent aux usagers. Les contrevenants pris en flagrant délit voient leurs méfaits exposés au journal télévisé de vingt heures. Cette méthode se veut dissuasive pour décourager les pratiques corruptives.
L’année 2025 a privilégié la communication et l’encouragement à la dénonciation. Le gouvernement a instauré des récompenses officielles pour les citoyens intègres. Face à la persistance des pratiques délictueuses, le président a ordonné un changement de stratégie.
Le KORAG exhorte les populations à dénoncer systématiquement les tentatives de racket en contactant le Centre national d’appel au 199. Les enquêteurs ont infiltré plusieurs structures depuis le début de l’année.
Un vaste réseau impliquant des douaniers et des magistrats avait été démantelé en novembre 2025. Dix magistrats et un avocat ont été mis en cause.
L’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de lutte contre la corruption avait reçu des dénonciations concernant des agents exigeant des paiements illicites au bureau des douanes de Ouaga Inter.
Les révélations du KORAG ont créé un choc dans l’opinion publique burkinabè. La diffusion de séquences vidéo montrant des agents en pleine négociation de pots-de-vin a provoqué de vives réactions. Le gouvernement réaffirme sa volonté de moraliser la vie publique et de restaurer des pratiques conformes aux règles en vigueur.