Quatre hauts magistrats et trois agents des douanes ont été condamnés mardi au Burkina Faso à des peines de prison de deux à dix-huit mois ferme, notamment pour corruption ou complicité de corruption, a annoncé la justice de ce pays sahélien.
La junte militaire au pouvoir, dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré depuis 2022, affirme s’inspirer du combat de Thomas Sankara, ex-dirigeant du Burkina et figure du panafricanisme tué en 1987 dans un putsch, qui avait notamment fait de la lutte contre la corruption sa priorité.
La junte est aussi régulièrement accusée de réprimer toute voix critique.
En octobre, des hauts magistrats, des douaniers et un avocat avaient été interpellés après la révélation d’un « grave dysfonctionnement dans la chaîne judiciaire » par le Korag, un organe chargé de la mise en œuvre de la « vision stratégique » de la junte.
Lors du procès ouvert en janvier devant le tribunal de grande instance de Koupéla (est), « les dix prévenus ont plaidé +non coupables+ mais après les débats contradictoires, sept d’entre eux ont été reconnus coupables et condamnés tandis que les trois autres ont été relaxés », a indiqué une source judiciaire à l’AFP.
Le président de la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Ouagadougou, Urbain Medah, connu pour avoir présidé en 2021 le procès de l’assasinat de Thomas Sankara, a écopé de 15 mois d’emprisonnement dont 2 ferme, selon un communiqué du tribunal de Koupéla.
Le magistrat a également été condamné à verser une amende de 5.000.000 de francs CFA (7.622 euros), dont 2.000.000 (3.048 euros) avec sursis, pour « corruption d’agent public ».
Le juge Sandaogo Antoine Kaboré, chef d’un des syndicats de magistrats, poursuivi pour « complicité de corruption d’agent public », a écopé d’une peine et d’une amende similaires.
Le magistrat Alban Somé a été condamnné à trois ans de prison don’t 18 mois ferme et à payer une amende de 5.000.000 de francs CFA (7.622 euros), dont 2.000.000 (3.048 euros) avec sursis, pour « corruption d’agent public et révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé ».
Poursuivi pour « complicité de corruption d’agents publics », le magistrat Mohamed Traoré a été condamné à 2 ans de prison don’t un an ferme et à une amende de 4.000.000 de francs CFA (6.097 euros), dont 2.000.000 avec sursis (3.048 euros).
Les trois douaniers ont écopé de peines allant de 2 à 18 mois ferme pour « corruption d’agents publics » et « complicité de révélation illégale de l’identité d’un témoin protégé ».
Deux autres magistrats et un avocat, poursuivis pour « soustraction de pièces de procédure », « blanchiment de capitaux » ou « violation du secret professionnel », ont été relaxés au « bénéfice du doute ».
Avec AFP