Ce vendredi 24 avril 2026, le Bénin a accueilli une rencontre attendue depuis quatre décennies avec le Portugal pour plusieurs questions, dont l’une sur les visas.
Le ministre des Affaires étrangères du Portugal, Paulo Rangel, a été reçu par son homologue béninois, Olushegun Adjadi Bakari. Notons que la dernière visite à ce niveau entre les deux capitales remontait à près de quarante ans.
Les deux responsables ont d’abord échangé seul à seul sur l’état des relations bilatérales. Puis leurs délégations respectives ont rejoint les discussions pour examiner les secteurs de coopération. La journée de travail a débouché sur la signature de quatre accords.
Le premier texte concerne directement les conditions d’entrée entre les deux pays. Les détenteurs de passeports diplomatiques béninois et portugais sont désormais exemptés de visa. Cette mesure s’applique de façon réciproque. Elle ne couvre pas les passeports ordinaires, que continuent de solliciter les procédures consulaires habituelles, y compris les frais fixés à 80 euros par l’espace Schengen, selon Expat.com.
Les trois autres accords portent sur les consultations politiques et diplomatiques, les services aériens, et un partenariat entre l’Agence de Promotion des Investissements et des Exportations du Bénin (APIEx) et son équivalent portugais, l’AICEP. Ces textes dessinent un cadre opérationnel entre Cotonou et Lisbonne dans des domaines jusqu’ici peu explorés ensemble.
Olushegun Adjadi Bakari a précisé les intentions de son gouvernement lors de la déclaration conjointe à la presse. « Nous avons décidé de porter cette relation à un nouveau palier, avec comme objectif de pouvoir faciliter la circulation, donc via cet accord d’exemption du visa pour les porteurs de passeport diplomatique, mais aussi attirer de plus en plus d’entreprises portugaises ici au Bénin, que ce soit dans le domaine de la construction, dans le domaine de l’hôtellerie, dans le domaine du tourisme, dans le domaine de l’agro-transformation », a-t-il déclaré selon nos confrères de Lamétéo.
Paulo Rangel a insisté sur les retombées économiques attendues. « Nous avons un nouveau niveau de relations bilatérales parce que nous avons signé l’accord pour les consultations politiques. C’est un pas très fort. Mais je pense que c’est dans le domaine économique que nous pouvons traduire en termes pratiques cette volonté d’avoir un avenir commun », a-t-il affirmé.
Le ministre portugais a aussi mis en avant les liens historiques entre les deux nations. L’architecture de villes comme Ouidah et Porto-Novo, ainsi que certains patronymes communs, témoignent de relations anciennes entre les deux peuples. Cette histoire a servi de socle aux discussions. Elle n’a cependant pas empêché une longue absence de contacts au plus haut niveau diplomatique.
Après la signature des accords, Paulo Rangel s’est rendu à Ouidah pour visiter plusieurs sites du patrimoine béninois. Cette étape touristique prolonge une visite qui aura duré vingt-quatre heures à peine, mais dont les effets pourraient se mesurer sur plusieurs années. La promotion des investissements portugais dans l’agro-industrie et le tourisme figure parmi les priorités affichées par les deux gouvernements.
Pour l’heure, les ressortissants béninois titulaires d’un passeport ordinaire ne bénéficient pas d’exemption de visa pour entrer au Portugal. Le pays fait partie de l’espace Schengen, et les procédures en vigueur continuent de s’appliquer pour la grande majorité des voyageurs.
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