L’ancien président béninois Boni Yayi a annoncé sa démission de la présidence du principal parti d’opposition, Les Démocrates, invoquant des raisons de santé, dans une correspondance consultée ce mercredi 4 mars 2026 par l’AFP.
Les Démocrates traversent une forte crise : leur candidature à la présidentielle du 12 avril a été retoquée faute de parrainages suffisants, le parti ne compte plus aucun député et plusieurs défections ont été enregistrées en son sein.
« Après une longue réflexion menée au cours de ces derniers mois, je vous informe de ma décision de me retirer de mes fonctions de président du parti Les Démocrates, décision qui prendra effet à compter de ce jour », a écrit mardi l’ex-chef de l’État (2006-2016) aux responsables et militants de sa formation.
Plusieurs responsables du parti contactés par l’AFP ont également confirmé cette information, sans la commenter pour le moment.
Bientôt âgé de 73 ans, Boni Yayi explique vouloir « pleinement consacrer cette nouvelle étape de sa vie au repos », mettant ainsi fin à ses activités politiques au sein du parti qu’il dirigeait depuis quelques années.
Il indique confier provisoirement la direction du parti aux vice-présidents et aux instances dirigeantes, « dans l’esprit des textes du parti jusqu’au prochain congrès », les appelant à préserver l’unité et à privilégier une gestion consensuelle.
Peu avant cette annonce, Chabi Yayi, fils de l’ancien président et cadre du parti occupant les fonctions de secrétaire aux relations extérieures, a également fait savoir qu’il quittait Les Démocrates, selon des sources internes à la formation politique.
Récemment, il avait été interpellé et placé en garde à vue dans le cadre du coup d’État militaire manqué de décembre, avant d’être libéré.
Figure centrale de la vie politique béninoise depuis plus de trois décennies, Boni Yayi demeure l’un des principaux leaders de l’opposition au président Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016.
M. Talon passera la main en avril, après deux mandats de cinq ans, conformément à la Constitution, et son dauphin, le ministre des Finances Romuald Wadagni, fait figure d’ultra-favori pour lui succéder.
Romuald Wadagni n’aura qu’un seul adversaire, l’opposant Paul Hounkpè, des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), considéré comme modéré.
Le principal parti d’opposition, dont plusieurs hauts responsables sont actuellement incarcérés, a également perdu ses 28 députés lors des législatives de janvier, à l’issue desquelles l’ensemble des sièges a été remporté par le bloc présidentiel.