La fin des « Wifi Zone » comme, on les concevait au Bénin semble actée par la position de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP). Et pour cause, elle tire la sonnette d’alarme contre le phénomène.
À travers un communiqué en date du mardi 13 janvier 2026, l’organe de régulation met en effet en garde les exploitants de points d’accès internet communément appelés « Wifi Zone » au Bénin. Ces services, qui se sont multipliés dans les quartiers béninois sans cadre légal, opèrent en dehors de toute autorisation préalable selon les mots de l’ARCEP.
Le régulateur rappelle que la législation béninoise encadre strictement la fourniture de connexions à internet. Toute personne ou structure souhaitant proposer ce type de service doit obtenir une autorisation délivrée par l’ARCEP. Or, selon le document signé par Flavien Bachabi, président de l’institution, nombreux sont ceux qui exercent cette activité sans respecter cette obligation.
Les « Wifi Zone » représentent pourtant une bouée de sauvetage pour des milliers de Béninois. Ces points d’accès permettent aux populations à revenus modestes, parfois mal desservies par les réseaux classiques, d’accéder à internet à des tarifs abordables. Mais voilà. L’exploitation de ces services relève du régime de la déclaration préalable, insiste l’ARCEP.
L’autorité de régulation donne un ultimatum aux contrevenants. Ils disposent jusqu’au 31 janvier 2026 pour régulariser leur situation. Passé ce délai, des procédures seront engagées conformément à la loi. Le communiqué précise que des sanctions pénales sont prévues pour ceux qui s’exposeront à cette infraction.
Cette position du régulateur béninois fait écho à des débats similaires dans d’autres pays de la sous-région. Au Togo voisin, l’ARCEP avait déjà pris position en 2023 pour encadrer ces activités, affirmant que le « Wifi Zone » constituait une « activité licite » sous réserve de respecter le cadre réglementaire en vigueur. Au Niger, en septembre 2025, l’Agence nigérienne de presse rapportait que le régulateur local avait également engagé une opération d’encadrement, provoquant l’inquiétude des exploitants qui déplorent le manque d’informations complémentaires.
La situation au Bénin soulève des questions sur l’avenir d’un secteur informel devenu vital pour l’inclusion numérique. Enfin, les opérateurs de « Wifi Zone » devront désormais choisir entre la régularisation et l’arrêt de leurs activités. L’ARCEP, créée pour garantir le respect des règles de libre concurrence et assurer une régulation tarifaire, entend faire appliquer la loi. Bref, le temps du laisser-faire semble révolu.
Pour toute information complémentaire, le communiqué renvoie vers le numéro gratuit 131 ou le site web de l’institution à l’adresse www.arcep.bj. La Nouvelle Tribune souligne que cette mesure intervient alors que le pays vient de traverser une période électorale tendue avec les législatives et communales du 11 janvier dernier.