L’Espagne a décidé de passer dans une autre dimension pour être compétitif sur le plan militaire avec une arme fatale de dernière génération.
À la fin des années 1990, l’Espagne loua 108 chars Leopard 2A4 à l’Allemagne, en attendant la livraison de ses 219 futurs Leopard 2E.
Finalement, en 2006, elle décida de les conserver… avant d’en mettre une partie sous cocon, au Groupe de soutien logistique n°41 de Saragosse, quelques années plus tard. Puis, en 2023, au moins 30 furent remis en état en vue de leur livraison à l’Ukraine.
L’an passé, l’armée espagnole [Ejército de Tierra] indiqua qu’elle comptait remplacer ses Leopard 2A4 encore opérationnels [soit une cinquantaine] par des Leopard 2A8, c’est-à-dire par la dernière version du char commercialisé par KNDS Deutschland.
Quant aux Leopard 2E, plus modernes, leur sort n’était pas encore scellé, l’Espagne ayant alors vainement tenté de rejoindre le projet franco-allemand de Système de combat principal terrestre [MGCS – Main Ground Combat System].
A priori, le ministère espagnol de la Défense aurait l’intention de remplacer ce modèle par un char de nouvelle génération. En effet, le 30 décembre, sa Direction générale de l’armement et du matériel [DGAM] un contrat de 45 millions d’euros [TTC] à Indra Sistemas pour des études préliminaires à cette fin. Et cela dans le cadre du projet PAMOV [R&D pour un système de combat terrestre supérieur].
« Le système de combat consistera en une plateforme de nouvelle génération, conçue pour fonctionner dans des situations très exigeantes, avec un niveau de prestations qui dépasse largement les capacités actuelles. Il devra intégrer des technologies avancées en matière de propulsion, de protection, de létalité et de conscience situationnelle, garantissant une mobilité tactique et stratégique élevée », est-il avancé dans l’avis d’attribution de ce contrat, d’une durée de deux ans.
Ce futur système principal de combat terrestre devra être interopérable avec les plateformes alliées et reposer sur une architecture électronique ouverte et évolutive.
Pour rappel, Indra Sistemas participe au projet européen MARTE [Main Armored Tank of Europe], coordonné par les allemands KNDS Deutschland et Rheinmetall.
D’où, sans doute, le choix de la DGAM pour le projet PAMOV. Projet qui interroge, dans la mesure où le format actuel de l’Ejército de Tierra n’est pas suffisant pour assurer sa rentabilité. Sauf à miser sur l’exportation, ce qui est toujours risqué.
À moins qu’il ne s’agisse pour Madrid de développer un char de transition, en attendant de rejoindre le MGCS ? Dans ce cas, une coopération avec un partenaire international n’est pas à exclure.
À noter que la Commission européenne a récemment émis un appel à propositions pour le développement d’un char de combat de nouvelle génération, avec un financement de 125 millions d’euros censé provenir du Fonds européen de défense.