Après l’Australie et la France, un autre pays veut interdire les réseaux sociaux aux adolescents

Le Mexique envisage de limiter l’accès des enfants et des adolescents aux réseaux sociaux afin de protéger leur santé mentale et a choisi, pour ce faire, d’« ouvrir le débat », a déclaré dans un entretien avec l’AFP le ministre de l’Éducation, Mario Delgado.

« L’État a la responsabilité de la tutelle dans l’éducation des mineurs. Et c’est là que nous devrions envisager de fixer certaines limites, car je ne vois pas de responsabilité de la part des entreprises pour prendre cela en charge », a affirmé M. Delgado ce mardi 11 mars 2026 dans son bureau à Mexico.

« Meta, Facebook, TikTok, ce qui les intéresse, c’est d’avoir des followers, et il n’y a pas de filtres sur les contenus », a-t-il ajouté, estimant que de nombreux réseaux sociaux sont devenus des espaces « hors de contrôle » où prolifèrent des contenus violents ou pornographiques, ainsi que le cyberharcèlement.

Meta (société mère de Facebook et Instagram) et TikTok exigent que leurs utilisateurs soient âgés d’au moins 13 ans et ont annoncé des mesures visant à limiter les contenus proposés aux mineurs, telles que des comptes spécifiques pour les adolescents. Mais ils font également l’objet de critiques en raison des difficultés liées à la mise en œuvre effective de ces contrôles.

M. Delgado souhaite qu’une décision ne soit pas imposée par les autorités, mais que les propositions « viennent de la base, de l’expérience même des parents, des différentes communautés, des enseignants. Que ce soit eux qui nous indiquent quelles devraient être ces limites et la manière de les encadrer ».

Une période de concertation a été ouverte, incluant les représentants au Mexique des plateformes de réseaux sociaux, et débouchera en juin sur des propositions de régulation.

L’objectif de cette initiative est de promouvoir une culture numérique « responsable, critique et consciente », qui ne découle pas d’une interdiction, souligne le ministre.

« Moi, j’aime le modèle australien, personnellement », a reconnu M. Delgado, soulignant qu’il s’agit de son opinion personnelle et non institutionnelle. « La position du ministère de l’Éducation, c’est ce que nous avons fait : ouvrir le débat », a-t-il ajouté.

L’Australie, en décembre, a ordonné à TikTok, YouTube et Snapchat, entre autres, de supprimer les comptes des mineurs de moins de 16 ans, tandis que les députés français ont voté un projet de loi instaurant une interdiction d’accès pour les moins de 15 ans.

L’Indonésie interdira, à compter du 28 mars, l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, invoquant les menaces liées à la pornographie, au cyberharcèlement, à la fraude en ligne et à la dépendance à Internet.

Le Danemark, la Grèce et l’Espagne font également pression au niveau de l’Union européenne (UE) pour une action similaire. De son côté, l’Inde a récemment confirmé qu’elle envisageait également des restrictions.

Les députés britanniques ont, eux, rejeté mardi l’interdiction pour les moins de 16 ans, préférant attendre les conclusions d’une consultation avant de légiférer.

© Agence France-Presse

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