L’adoption de cette proposition de résolution visant à dénoncer l’accord de 1968 a télescopé les prémices d’un dialogue entre la France et l’Algérie.
« Il faut (…) désormais que ce début de renégociation démarre le plus vite possible », a affirmé M. Lecornu.
Le Premier ministre a suggéré de « repartir de nos intérêts plus globaux » parce qu’il « n’y a pas que la question migratoire », qui avait été mise en avant par l’ancien ministre de l’Intérieur Les Républicains (LR, droite) Bruno Retailleau, partisan d’une ligne dure avec Alger.
Après des mois de relation gelée, marqués par l’arrêt total de la coopération migratoire, le départ du gouvernement de M. Retailleau, remplacé par Laurent Nuñez, un successeur non politique, avait permis ces dernières semaines d’amorcer en coulisses des discussions. M. Nuñez a mis en avant notamment les besoins de coopération sécuritaire, notamment dans la lutte antijihadiste au Sahel.
Sébastien Lecornu a de même évoqué « la question de la lutte contre le terrorisme et la coopération en matière de sécurité, la question de la pression terroriste qui monte au Sahel, les questions de sécurité maritime et puis les questions économiques ».
Il a insisté sur « le respect de la souveraineté de l’Algérie » et de son gouvernement. « Quels que soient nos désaccords, on doit être capable de mener une discussion qui soit exigeante et qui protège nos intérêts », a-t-il dit, en promettant de « ne jamais faire de la question de l’Algérie un sujet de politique intérieure en France ».
Il s’agit d’un « sujet bilatéral, de respect, qu’il convient à mon avis de traiter avec beaucoup de sang froid pour nous permettre justement d’avancer », a-t-il souligné, en redisant que l’exécutif français restait « mobilisé » pour obtenir la libération de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal et du journaliste français Christophe Gleizes, tous deux emprisonnés en Algérie.