Les États-Unis ont décidé de prolonger l’AGOA (un accord permettant aux pays africains d’exporter leurs produits vers les USA sans taxes) pour seulement un an. Mais les industriels africains ne veulent pas se réjouir trop vite pour 2 raisons.
La première raison : la prolongation d’un an est jugée trop courte. Secondo, l’administration Trump exige désormais plus de contreparties pour les entreprises et agriculteurs américains.
Renouvellement de l’AGOA avec de nouvelles exigences
La prolongation d’un an par les Etats-Unis de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), n’est qu’une simple « bouffée d’oxygène ».
Elle pourrait compromettre les investissements à long terme, ont mis en garde mercredi 4 février des industriels africains.
L’AGOA est une pièce maîtresse des relations commerciales entre les États-Unis et les pays africains. Il permet aux pays africains d’exporter de nombreux produits vers les États-Unis sans droits de douane.
Une trentaine de pays sur la cinquantaine du continent africain bénéficient en théorie de l’accord, qui couvre un large éventail de produits allant de l’habillement à l’igname en passant par les voitures.
Le président américain Donald Trump a à plusieurs reprises critiqué les accords de libre-échange, et cette nouvelle extension, assortie de nouvelles exigences, reste très en‑deçà du renouvellement pluriannuel souhaité par de nombreuses entreprises africaines.
Dans son communiqué mardi, Jamieson Greer, représentant au Commerce de la Maison Blanche, affirme que :
« L’AGOA du XXIe siècle doit exiger davantage de nos partenaires commerciaux et offrir un meilleur accès au marché aux entreprises, aux agriculteurs et aux éleveurs américains ».
Une bonne nouvelle qui ne répond pas aux besoins des industriels africains
Au Kenya, le propriétaire d’une usine qui exporte des jeans Wrangler et Levi’s grâce à l’accord a d’abord salué une « bonne nouvelle ».
Mais cela ne « vaut guère plus qu’une saison, donc les négociations sont loin d’être terminées », a jugé Pankaj Bedi, directeur général de l’usine United Aryan à Nairobi.
« La prolongation nous donne une bouffée d’oxygène, ce qui est crucial. Mais elle ne nous aide pas pour les commandes et les investissements de long terme nécessaires à notre survie », a estimé le chef d’entreprise, qui emploie quelque 10.000 personnes.
En 2024, 8,23 milliards de dollars de marchandises ont été exportées dans le cadre de l’accord, dont 50% depuis l’Afrique du Sud (automobiles, métaux précieux, produits agricoles) et 20% depuis le Nigeria (principalement du pétrole et de l’énergie), selon la Commission américaine du commerce international (USITC).
Le Lesotho, qui vend une grande quantité de textiles aux États-Unis, a été particulièrement touché par cette incertitude.
Le dirigeant syndical du petit royaume, Tsepang Makakole, a indiqué à l’AFP que les discussions initiales portaient sur une prolongation de l’AGOA de 10 ans. « On a commencé avec 10 ans, puis trois, et ce n’est plus qu’un an. C’est une victoire très limitée », a‑t‑il déclaré.
« Les investisseurs pourraient se dire +D’ici l’an prochain, nous devons quitter le Lesotho parce que nous voyons bien que ce n’est plus un pays intéressant pour fabriquer et exporter des vêtements vers l’Amérique+ », a‑t‑il ajouté.
Le gouvernement sud‑africain s’est lui aussi dit « préoccupé par la brièveté de cette prolongation » et a appelé à un accord « qui garantisse la visibilité nécessaire aux décisions d’investissement et d’achat ».
Avec AFP