Afrique du Sud : l’armée entame son déploiement pour lutter contre le crime organisé

Afrique du Sud : l'armée entame son déploiement pour lutter contre le crime organisé

Crédit Photo : DR

L’armée sud-africaine a commencé à se déployer ce mercredi 11 mars 2026 dans des quartiers de Johannesburg gangrénés par la violence, pour aider la police dans sa lutte contre la criminalité organisée qualifiée par le président Cyril Ramaphosa de menace pour la démocratie en Afrique du Sud.

Une dizaine de véhicules blindés ont pénétré dans plusieurs quartiers situés juste à l’ouest de Johannesburg, capitale économique du pays, marquant le début d’un déploiement annoncé par le chef de l’Etat à la mi-février.

Les soldats armés et en uniforme, appuyés par la police, ont mené des opérations de fouilles dans des habitations, soulevant les matelas, ouvrant les placards et posant des questions aux habitants sur la présence de drogues et d’armes, a constaté un photographe de l’AFP.

Ces quartiers (notamment Riverlea et Westbury) sont régulièrement le théâtre de fusillades et de meurtres liés à des guerres de territoires entre gangs, notamment pour le trafic de drogues.

« C’est une bonne chose! A présent, nous pouvons dormir sur nos deux oreilles », se félicite un habitant de Wesbury, Cecil Witbooi, 50 ans.

Sa rue, un alignement de petites maisons délabrées, est le théâtre régulier de règlements de comptes entre bandes rivales, selon lui.

« Est-ce que cette fois c’est du sérieux ? », lance un homme au passage d’un convoi militaire à Riverlea. Une femme a été assassinée cette semaine dans un immeuble voisin, ajoute-t-il.

Se tenant près d’un mur couvert des graffitis de différents gangs, Shai-Anne Fisher, 31 ans et mère de trois enfants, espère que ce déploiement « apportera du changement ».

« Il y a beaucoup de criminalité, de fusillades (…) Des enfants se font massacrer », décrit-elle, avant d’ajouter : « Ça nous redonne espoir. »

D’autres sont plus dubitatifs : « Rien ne va changer », explique à l’AFP un homme qui ne veut donner que son prénom, Ali. « Ils vont rester quelques jours et puis tout reviendra à la normale. »

« Une fois les criminels arrêtés, ils sont remis en liberté par les juges », abonde Eugène qui ne veut pas divulguer son nom de famille par peur de représailles.

Plus de 60 homicides sont commis en moyenne chaque jour dans le pays, notamment des meurtres dans le cadre d’affrontements entre gangs rivaux dans certains quartiers du Cap (sud-ouest) et de Johannesburg, ainsi que des fusillades liées à l’activité minière illégale dans la province de Gauteng, où se trouve Johannesburg.

En annonçant le déploiement de l’armée mi-février, le président Ramaphosa avait qualifié le crime organisé de « menace la plus immédiate pour notre démocratie ».

Le déploiement militaire doit durer un an et couvrir cinq des neuf provinces, y compris celle du Cap-Occidental, où se trouve la ville du Cap, prisée des touristes du monde entier, selon un plan présenté au Parlement début mars.

Le nombre de militaires devant être déployés n’a pas été communiqué par les autorités.

La mesure a suscité des critiques d’experts et de responsables de l’opposition, qui estiment que les soldats ne disposent pas des compétences nécessaires en matière de maintien de l’ordre.

© Agence France-Presse

Continuez la discussion en temps réél !
Rejoignez notre chaîne WhatsApp