Dans une Afrique de l’Ouest en constante mutation, les femmes s’apprêtent à bénéficier d’une initiative sans précédent : plusieurs milliards de francs CFA offerts en leur faveur.
C’est une nouvelle qui résonne comme un carillon d’espoir dans les marchés animés de Lomé, les étals colorés d’Abidjan ou les boutiques surpeuplées de Lagos.
En effet, Global Affairs Canada vient d’annoncer le lancement d’un projet transformateur intitulé « Making Trade Work for Women in West Africa ».
Cette initiative, dont l’envergure financière atteint 14 millions de dollars canadiens – soit environ 8,45 milliards de francs CFA – ambitionne de métamorphoser le commerce pour les femmes dans six pays d’Afrique de l’Ouest.
La Côte d’Ivoire, le Ghana, le Burkina Faso, le Togo, le Bénin et le Nigeria : six nations, six contextes différents, mais une même réalité partagée par des milliers de commerçantes confrontées quotidiennement à des obstacles invisibles mais tenaces.
Ce programme quinquennal cible spécifiquement 80 000 entrepreneurs, dont une majorité significative – 70% – seront des femmes.
« Quand on parle de prospérité, il est clair que la prospérité des femmes conduit à celle des communautés, des pays, et finalement de la société dans son ensemble », a déclaré avec conviction Myriam Montrat, haute-commissaire du Canada au Ghana, lors du lancement officiel du projet.
Une vision qui s’inscrit pleinement dans la politique étrangère féministe canadienne et qui trouve un écho particulier dans cette région où les femmes jouent un rôle économique important, bien que souvent minimisé.
Le projet se distingue par son approche holistique. Au-delà des simples injections de capitaux, il s’attaque aux barrières systémiques qui entravent l’épanouissement économique des commerçantes.
Les postes frontières, véritables nœuds gordiens pour ces entrepreneures transfrontalières, constituent l’un des principaux points d’attention.
Ces interfaces entre pays deviennent trop fréquemment des zones d’insécurité et de tracasseries administratives pour les femmes commerçantes, réduisant considérablement leur capacité à développer leurs activités au niveau régional.
L’initiative prévoit également un volet substantiel de formation en compétences commerciales et financières.
Dans une région où l’analphabétisme touche encore significativement la population féminine, ces formations représentent un levier fondamental de transformation.
L’introduction d’outils numériques viendra compléter ce dispositif, permettant aux bénéficiaires de pénétrer plus efficacement les marchés régionaux et internationaux.
En filigrane se dessine pareillement une ambition environnementale. Le programme encourage l’adoption de pratiques commerciales durables, reconnaissant ainsi le lien inextricable entre développement économique et préservation écologique. Une double perspective particulièrement pertinente dans cette région d’Afrique confrontée aux défis climatiques.
Ces 8,5 milliards de francs CFA représentent bien plus qu’un simple investissement financier pour les femmes d’Afrique de l’Ouest.
Ils incarnent une reconnaissance tardive, mais essentielle, du rôle pivot que jouent les femmes dans les économies ouest-africaines.
Des décennies d’observation sociologique et économique ont démontré que l’autonomisation financière des femmes se traduit invariablement par des améliorations tangibles en matière d’éducation, de santé et de stabilité communautaire.
Si l’initiative canadienne s’inscrit dans une tendance mondiale d’investissement genré, elle se distingue par son ancrage local et sa compréhension fine des dynamiques régionales.