Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a accordé un don d’urgence d’un million de dollars pour soutenir la réponse du Mozambique aux inondations dévastatrices qui ont frappé les régions centrales et méridionales du pays, notamment les provinces de Maputo et de Gaza, en janvier 2026.
Cette approbation fait suite à une demande officielle du gouvernement du Mozambique sollicitant l’aide d’urgence de la Banque africaine de développement afin d’accélérer les opérations de redressement et d’apporter une aide vitale aux communautés les plus touchées.
Ce don, financé par le Fonds spécial de secours (« Special Relief Fund », SRF) du Groupe de la Banque, vise à venir en aide aux communautés touchées par la catastrophe. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) mettra en œuvre le projet d’aide d’urgence en s’appuyant sur son expertise en matière de gestion des déplacements de population et d’aide humanitaire.
Cette initiative permettra de fournir 9 000 abris d’urgence et des kits d’articles ménagers de première nécessité, au profit d’environ 45 000 personnes, en particulier des femmes et des enfants. L’intervention comprendra le transport, l’installation, le stockage, la préparation des sites, la promotion de l’hygiène et des activités de nettoyage de l’environnement.
« Nous sommes profondément reconnaissants à la Banque africaine de développement pour sa réponse rapide et positive à notre appel. Ce don d’urgence nous permettra de rétablir la sécurité et la dignité de milliers de ménages affectés grâce à la fourniture rapide d’abris temporaires et d’articles ménagers de première nécessité, a déclaré la ministre des Finances du Mozambique, Carla do Rosário Fernandes Loveira. Alors que le gouvernement continue de piloter la réponse nationale à la situation d’urgence, ce partenariat renforce notre capacité à protéger des vies, à stabiliser les communautés et à s’engager sur la voie de la reprise. »
« Dans les provinces touchées, les vies et les moyens de subsistance ont été bouleversés, et les besoins sur le terrain restent immenses. Nous sommes reconnaissants au Groupe de la Banque africaine de développement pour cette contribution vitale, qui intervient à un moment crucial pour des milliers de familles déplacées par les inondations, a salué Laura Tomm-Bonde, cheffe de mission de l’OIM au Mozambique. Ce soutien permet à l’OIM de fournir rapidement des abris d’urgence et des articles de première nécessité, tout en renforçant les efforts nationaux menés par le gouvernement. Alors que les chocs climatiques s’intensifient dans toute la région, des partenariats solides, comme celui-ci, sont essentiels pour protéger les communautés, renforcer la préparation et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte. L’OIM reste pleinement engagée à travailler main dans la main avec le gouvernement et nos partenaires pour rétablir la sécurité, la dignité et l’espoir pour les familles touchées. »
Dans le cadre de son projet d’intervention d’urgence à la suite des inondations, l’OIM est venu en aide à 2 510 ménages (soit environ 12 550 personnes) dans les provinces de Gaza et de Maputo. La dernière distribution, qui s’est déroulée les 19 et 20 mai, a permis d’aider 495 ménages au centre de réinstallation Filipe Samuel Magaia, dans le district de Boane (province de Maputo). Cette action fait suite à une aide apportée précédemment à 2 015 ménages de la communauté de Xilembene, dans le district de Chókwè (province de Gaza), entre le 31 mars et le 11 avril. L’aide comprenait des abris et des kits d’articles non alimentaires, notamment des bâches, des couvertures, des moustiquaires, des nattes de couchage, des ustensiles de cuisine et des lampes solaires, ainsi que des sessions de sensibilisation sur la protection contre l’exploitation et les abus sexuels et sur la reconstruction plus sûre.
Pour l’avenir, l’OIM et le gouvernement ont identifié les districts de Mabalane et de Manjacaze comme les prochains sites prioritaires de mise en œuvre du projet. Les équipes de l’OIM travaillent en étroite collaboration avec les autorités locales afin de finaliser les évaluations dans ces zones, ainsi que dans d’autres sites prioritaires définis par le gouvernement, pour éclairer le plan de distribution final et atteindre les objectifs du projet.
Cette intervention du Groupe de la Banque s’inscrit dans le prolongement de son engagement continu en faveur de réponses innovantes aux catastrophes, notamment le recours récent à l’évaluation assistée par drone dans le cadre du Projet de gestion des catastrophes par drone financé et soutenu par le Groupe de la Banque africaine de développement par l’intermédiaire du Fonds fiduciaire de coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), afin d’améliorer la rapidité de l’acheminement de l’aide d’urgence.
« Les communautés touchées sont confrontées à des difficultés exceptionnelles. En soutenant le gouvernement en partenariat avec l’OIM, nous veillons à ce que l’aide parvienne rapidement et efficacement aux familles, au moment où elles en ont le plus besoin. Nos équipes continueront à travailler en étroite collaboration avec le gouvernement afin de renforcer les efforts de réponse », a assuré Rômulo Corrêa, chef du bureau pays du Groupe de la Banque africaine de développement pour le Mozambique. Avant d’ajouter : « Cette catastrophe a mis les ressources nationales à rude épreuve, et la Banque africaine de développement se tient fermement aux côtés du Mozambique en cette période critique. En combinant une aide d’urgence pour l’hébergement avec des évaluations de pointe par drone, nous contribuons à garantir que l’aide soit rapide, transparente et ciblant les personnes et les zones qui en ont le plus besoin. »
Le don du Fonds spécial de secours renforce l’engagement de longue date du Groupe de la Banque africaine de développement en faveur de la résilience et du redressement du Mozambique ; il constitue à la fois une aide immédiate pour les communautés affectées et un investissement dans la préparation aux situations futures.
La république du Mozambique, selon la BAD
Le Mozambique est un pays d’Afrique australe bordé par l’océan Indien, célèbre pour ses plages immaculées, ses eaux turquoise et ses archipels spectaculaires. Le portugais est la langue officielle, et le pays se distingue par une diversité culturelle et linguistique riche et vivante.
La croissance économique du Mozambique s’est ralentie pour s’établir à 0,2 % en 2025, contre 2,1 % en 2024, en raison des problèmes de sécurité dans la province de Cabo Delgado qui ont perturbé la production du secteur extractif, ainsi que d’un affaiblissement de la consommation publique.
L’inflation est passée de 3,2 % en 2024 à 4,4 % en 2025, principalement sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées.
Malgré ces pressions, la Banque du Mozambique a progressivement réduit son taux directeur, le ramenant de 12,7 % en 2024 à 9,2 % en janvier 2026, en réponse à une croissance modérée et aux prévisions selon lesquelles l’inflation resterait maîtrisée.
Le déficit budgétaire s’est réduit à 4,5 % du PIB, contre 6,2 % en 2024, grâce à la baisse des dépenses d’investissement, financées par des titres de dette intérieure et des ressources extérieures.