Le Rwanda a engagé des poursuites contre le Royaume-Uni pour avoir suspendu les paiements prévus dans le cadre d’un accord visant à accueillir des migrants expulsés, abandonné par Londres en 2024, a indiqué mardi un responsable rwandais à l’AFP.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annulé ce plan, négocié par l’ancien chef du gouvernement Boris Johnson en 2022, lorsqu’il a pris ses fonctions en juillet 2024, le déclarant « mort et enterré ».
Londres avait déjà versé 240 millions de livres (276 millions d’euros) à Kigali avant l’abandon de l’accord, et 50 millions de livres (57,5 millions d’euros) supplémentaires devaient être versés en avril.
« Le Rwanda regrette d’avoir dû porter ces plaintes devant un tribunal arbitral, mais face à l’intransigeance du Royaume-Uni sur ces questions, il n’avait pas d’autre choix », a déclaré à l’AFP Michael Butera, conseiller technique en chef du ministre de la Justice.
Kigali a cherché à engager un dialogue diplomatique avant de recourir à une action en justice, a assuré M. Butera.
« Nous défendrons fermement notre position afin de protéger les contribuables britanniques », a réagi un porte-parole du Premier ministre britannique.
L’année dernière, le Royaume-Uni a suspendu la majeure partie de son aide financière au Rwanda pour avoir soutenu l’offensive du groupe M23 en République démocratique du Congo. Kigali a riposté, qualifiant cette décision de « punitive ».
L’accord a fait l’objet d’une série de revers judiciaires, qui ont abouti en novembre 2023 à une décision de la Cour suprême britannique le jugeant illégal au regard du droit international.
L’immigration est une question politique de plus en plus centrale depuis que le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne en 2020, en grande partie sur la promesse de « reprendre le contrôle » de ses frontières.
Le Rwanda, pays d’environ 13 millions d’habitants, se présente comme l’une des nations les plus stables du continent africain et est salué pour ses infrastructures modernes.
© Avec l’Agence France-Presse