Au Togo, le dernier rapport de l’INSEED révèle un déficit commercial de 283 milliards de francs CFA au quatrième trimestre 2025. En clair, le Togo achète à l’étranger bien plus qu’il ne vend. Explications.
L’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) vient de publier les chiffres du commerce extérieur du Togo pour le quatrième trimestre 2025.
Les données peuvent sembler techniques, mais elles indiquent Togo dépense beaucoup plus pour ses importations qu’il ne gagne avec ses exportations.
Ce que le Togo vend à l’étranger
Entre octobre et décembre 2025, le Togo a exporté des marchandises pour une valeur de 253 milliards de francs CFA. En termes de quantité, cela représente plus d’un million de tonnes de produits vendus à l’étranger.
Pour vous donner une idée, c’est comme si chaque Togolais avait vendu pour environ 30 000 francs CFA de marchandises au reste du monde pendant ces trois mois.
Les principales exportations du Togo incluent généralement le clinker (pour fabriquer du ciment), le coton, le phosphate et les produits agricoles.
Ce que le Togo achète à l’étranger
Pendant la même période, le Togo a importé des marchandises pour 536 milliards de francs CFA. C’est plus du double de ce qu’il a exporté. En quantité, le pays a reçu 1,6 million de tonnes de produits venus de l’étranger.
Ces importations comprennent des produits pétroliers, des machines, des véhicules, des produits alimentaires, des médicaments et tout ce que le pays ne produit pas localement ou en quantité insuffisante.
Le déficit : 283 milliards de francs qui sortent du pays
Quand vous dépensez plus que vous ne gagnez, vous êtes en déficit. C’est exactement ce qui se passe pour le Togo.
La différence entre ce que le pays vend (253 milliards) et ce qu’il achète (536 milliards) donne un déficit de 283 milliards de francs CFA.
Concrètement, cela signifie que 283 milliards de francs sont sortis du pays pendant ces trois mois pour payer des marchandises importées. Cet argent part vers d’autres pays et ne circule plus dans l’économie togolaise.
Est-ce que la situation s’améliore ou se dégrade ?
Pour comprendre si c’est grave ou pas, il faut comparer avec les périodes précédentes.
Par rapport à la même période en 2024, il y a du positif. Les exportations ont bondi de 23,4% en valeur et de 52,4% en quantité. Le Togo vend donc beaucoup plus à l’étranger qu’il y a un an. C’est une bonne nouvelle.
Mais les importations ont aussi augmenté de 9,5% en valeur et de 31,2% en quantité. Le pays achète également plus qu’avant. Résultat, le déficit commercial reste presque au même niveau qu’en 2024, avec seulement une légère baisse de 0,6%.
Par rapport au trimestre précédent (juillet-septembre 2025), la situation se dégrade légèrement. Le déficit a augmenté de 10,6%. Cela signifie que le pays dépense de plus en plus pour ses importations par rapport à ce qu’il gagne avec ses exportations.
Pourquoi c’est important pour vous
Vous vous demandez peut-être en quoi ces chiffres vous concernent. Voici pourquoi c’est important.
Quand le pays importe beaucoup, cela crée une pression sur le franc CFA. Plus le Togo achète à l’étranger, plus il a besoin de devises étrangères. Si cette tendance continue, cela peut affecter le pouvoir d’achat des Togolais.
De plus, un déficit commercial élevé signifie que le pays dépend beaucoup de l’extérieur pour ses besoins. Si demain les pays fournisseurs décident d’augmenter leurs prix ou de restreindre les exportations, le Togo se retrouve en difficulté.
Enfin, cet argent qui sort du pays pourrait servir à investir localement. À construire des usines, à développer l’agriculture, à créer des emplois. Au lieu de cela, il part enrichir les économies étrangères.
Que faudrait-il faire ?
Pour réduire ce déficit, deux solutions existent.
La première consiste à augmenter les exportations. Le Togo doit produire plus de biens et services que les autres pays veulent acheter.
Cela passe par l’industrialisation, l’amélioration de la qualité des produits agricoles, le développement de nouveaux secteurs d’exportation.
La deuxième consiste à réduire les importations. Le pays doit produire localement ce qu’il importe actuellement. Fabriquer ses propres produits alimentaires transformés, ses matériaux de construction, ses équipements. C’est ce qu’on appelle la substitution aux importations.
Les autorités togolaises travaillent sur ces deux axes, mais les résultats prennent du temps. Changer la structure d’une économie ne se fait pas en quelques mois.
Les chiffres à retenir
Pour le quatrième trimestre 2025 :
- Exportations : 253 milliards de FCFA
- Importations : 536 milliards de FCFA
- Déficit commercial : 283 milliards de FCFA
En clair, pour chaque franc que le Togo gagne en vendant à l’étranger, il dépense plus de deux francs pour acheter à l’étranger. C’est ce déséquilibre que le pays doit corriger pour assurer une croissance économique durable et créer plus d’emplois pour sa population.
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