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Ukraine : Zelensky annonce le test d’un « équivalent européen » de Starlink

Par Dios M.
Ukraine : Zelensky annonce le test d’un « équivalent européen » de Starlink
Face à sa dépendance au réseau satellitaire d’Elon Musk, l’Ukraine cherche une solution de repli. Volodymyr Zelensky affirme que Kiev a commencé à tester, avec un partenaire européen, un système présenté comme une altern......

Face à sa dépendance au réseau satellitaire d’Elon Musk, l’Ukraine cherche une solution de repli. Volodymyr Zelensky affirme que Kiev a commencé à tester, avec un partenaire européen, un système présenté comme une alternative à Starlink. Une annonce qui pourrait avoir des conséquences importantes sur les communications ukrainiennes.

La guerre en Ukraine ouvre désormais un nouveau front : celui de la souveraineté spatiale et des communications satellitaires.

Alors que le réseau Starlink joue un rôle important dans les communications ukrainiennes, Volodymyr Zelensky affirme que son pays ne veut plus dépendre d’une seule solution technologique. Le président ukrainien a indiqué à des journalistes, dont l’AFP, que Kiev avait commencé à tester un projet développé avec un pays européen.

« Nous n’allons pas nous contenter d’attendre que les Chinois et les Russes lancent leur propre équivalent de Starlink », a déclaré Zelensky.

Kiev prépare déjà l’après-Starlink

Le président ukrainien affirme que son pays travaille sur un projet similaire avec un partenaire européen.

« Bien sûr, nous allons travailler avec Starlink, mais nous travaillons aussi sur un autre projet européen. Nous avons commencé à le tester », a-t-il expliqué.

Cette déclaration traduit une préoccupation stratégique majeure pour Kiev : disposer d’une capacité de communication qui ne dépende pas entièrement des décisions d’une entreprise privée américaine.

Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022, Starlink est devenu un outil important pour les communications ukrainiennes, notamment dans les zones où les infrastructures terrestres sont endommagées.

Zelensky affirme que la Russie travaille aussi sur une alternative

Selon le président ukrainien, Moscou chercherait également à développer son propre système satellitaire avec l’aide de la Chine.

« Les Russes construisent un équivalent de Starlink avec les Chinois. Et ils pensent qu’ils auront terminé ce projet d’ici à décembre 2026 », a affirmé Zelensky.

Cette affirmation doit toutefois être considérée comme une déclaration du président ukrainien, et non comme une confirmation indépendante de l’existence ou du calendrier de ce programme.

Si elle se confirme, la compétition ne serait donc plus uniquement militaire. Elle deviendrait également technologique, avec des systèmes satellitaires capables de jouer un rôle déterminant dans les communications sur le champ de bataille.

Pourquoi Starlink reste stratégique pour l’Ukraine

L’enjeu dépasse largement l’accès à Internet.

Dans une guerre où les réseaux de communication classiques peuvent être détruits ou perturbés, les liaisons satellitaires permettent de maintenir des communications dans des zones difficiles d’accès.

Pour Kiev, disposer d’une solution européenne pourrait donc permettre de réduire le risque lié à une éventuelle modification des conditions d’utilisation de Starlink.

C’est aussi une question de souveraineté technologique.

L’Ukraine veut continuer à bénéficier de Starlink, mais cherche parallèlement à disposer d’une deuxième option.

Zelensky veut toujours convaincre Elon Musk

Malgré le développement de cette alternative, le président ukrainien n’entend pas abandonner Starlink.

Il affirme notamment que Kiev cherche toujours à convaincre Elon Musk, avec l’accord de Washington, de permettre l’utilisation du réseau dans le cadre d’opérations ukrainiennes contre des cibles situées en Russie.

Mais le patron de SpaceX considère pour l’instant qu’une telle utilisation constituerait une escalade.

« Pour l’instant, il a dit que cela serait une escalade. Mais il pourrait changer d’avis lorsqu’il verra plus d’arguments », a déclaré Zelensky.

Cette question illustre la situation particulière de l’Ukraine : une infrastructure technologique civile peut avoir des implications militaires majeures, tandis que son fonctionnement dépend en partie des décisions d’un acteur privé.

Kiev veut réduire la menace des missiles balistiques russes

Zelensky justifie également sa demande par la nécessité de réduire la capacité russe à mener des frappes balistiques.

Selon lui, l’Ukraine cherche notamment à cibler les sites à proximité des zones de lancement des missiles russes.

Le président ukrainien affirme par ailleurs que Kiev souffre d’une pénurie de missiles destinés à intercepter les projectiles balistiques, notamment les systèmes Patriot.

Il avance ainsi une baisse des livraisons de missiles Patriot : 675 en 2023, 364 en 2025 et 264 en 2026.

Ces chiffres correspondent aux déclarations de Zelensky et nécessitent donc d’être distingués des données vérifiées indépendamment.

Une nouvelle bataille pour la souveraineté technologique

L’annonce ukrainienne révèle surtout une évolution profonde du conflit.

La guerre ne se joue plus seulement avec des chars, des drones et des missiles. Les satellites, les réseaux de communication, l’intelligence artificielle et les technologies de brouillage sont devenus des éléments stratégiques à part entière.

Pour Kiev, développer une alternative européenne à Starlink permettrait de réduire sa dépendance à l’égard d’un seul fournisseur.

Pour Moscou, développer une capacité comparable avec l’aide de Pékin permettrait potentiellement de réduire sa dépendance aux infrastructures occidentales.

La prochaine bataille pourrait donc aussi se jouer dans l’espace.

Et si le projet annoncé par Zelensky entre effectivement en service, l’Ukraine pourrait disposer d’un nouvel atout stratégique : un réseau satellitaire européen capable de compléter, voire un jour de remplacer partiellement Starlink.

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