Sonia Dahmani a été arrêtée le 11 mai 2024, par des policiers masqués au siège du barreau de Tunis en Tunisie, où elle avait trouvé refuge et placée en détention.
« Une peine d’un an de prison a été prononcée contre ma mère (…) en vertu du décret 54, parce que ce qu’elle a dit représente une ‘rumeur’ et de fausses nouvelles », a posté sa fille, Nour Bettaieb, sur Facebook.
Mme Dahmani était poursuivie en vertu du décret-loi 54, signé par le président Kais Saied en 2022, qui interdit la « diffusion de fausses nouvelles ».
Lors d’une émission début mai sur la chaîne Carthage+, elle avait lancé d’une façon ironique « de quel pays extraordinaire parle-t-on? », en réponse à un autre chroniqueur qui affirmait que les migrants venus de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne cherchaient à s’installer en Tunisie.
Selon un rapport judiciaire ultérieur, elle répondait ainsi à un discours du président Saied, dans lequel il déclarait que le pays ne deviendrait pas un lieu de réinstallation pour les migrants subsahariens empêchés de rallier l’Europe.
Des journalistes et groupes de défense des droits estiment que le décret 54 est utilisé pour étouffer les critiques à l’approche de l’élection présidentielle du 6 octobre.

