Les 8 et 9 juillet 2026, l’Hôtel 2 Février à Lomé, capitale du Togo accueillera la troisième édition de la Grande Rencontre des Compliance et Risk Officers (GRCRO). Près de mille participants venus des cinq continents sont attendus pour deux jours de travaux consacrés à la fraude, à la corruption et au blanchiment de capitaux à l’ère de l’intelligence artificielle.
L’Association togolaise des Compliance Officers (ATCO) organise l’événement. La rencontre bénéficie pour la deuxième année consécutive du haut patronage du président du Conseil, Faure Gnassingbé, ce qui traduit l’engagement des autorités togolaises dans la lutte contre la criminalité financière. Le coup d’envoi a été donné le 12 mars dernier à Paris, lors d’un cocktail organisé à l’hôtel Provinces Opéra, dans le dixième arrondissement, en présence de l’ambassadeur du Togo en France.
La progression en chiffres est nette. L’édition 2025 avait réuni plus de 600 professionnels issus de 42 nationalités. Celle de 2026 vise le millier de participants et entend couvrir les cinq continents. Me Nikada Batchoudi, avocat au barreau de Luxembourg et président de l’ATCO, avait résumé l’ambition de l’événement en juillet 2025 : « L’enjeu de la GRCRO n’est pas seulement de pointer les insuffisances, mais de confronter les pratiques, de faire circuler les expériences et de nourrir une dynamique régionale plus cohérente en matière de conformité. »
Le contexte continental donne du poids à cette réunion. En octobre 2025, le Groupe d’action financière (GAFI) a retiré de sa liste grise quatre pays africains : le Burkina Faso, le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Mozambique. Pourtant, huit États africains y figuraient encore en février 2026, dont la Côte d’Ivoire, l’Angola, le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Kenya. Le Togo, absent de cette liste, occupe ainsi une position qui lui confère une certaine autorité pour accueillir ces débats.
Les institutions financières régionales s’associent régulièrement aux travaux. La CENTIF-Togo et des acteurs liés à l’espace UEMOA avaient participé à l’édition précédente. Le directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), Edoh Kossi Amenounvé, avait souligné l’enjeu en marge de l’édition 2025 : « Il est essentiel que notre place financière demeure crédible aux yeux des investisseurs. »
Le thème retenu pour 2026 place l’intelligence artificielle au centre des débats. Les organisateurs entendent examiner ses deux faces : outil de détection des flux suspects d’un côté, vecteur de nouvelles fraudes de l’autre, des deepfakes aux escroqueries automatisées. Ce programme prolonge un certificat Compliance Afrique LBC-FT co-animé en janvier à Lomé avec le cabinet français AFGES. Les inscriptions, ouvertes le 12 mars, se sont fermées le 12 mai.
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