Au Togo, la plateforme industrielle d’Adetikopé (PIA) a exporté 2.600 tonnes d’engrais vers le Congo-Brazzaville et le Burkina Faso en 2025. Ces chiffres sont communiqués par l’Autorité de Coordination de la PIA le 8 jui......
Au Togo, la plateforme industrielle d’Adetikopé (PIA) a exporté 2.600 tonnes d’engrais vers le Congo-Brazzaville et le Burkina Faso en 2025. Ces chiffres sont communiqués par l’Autorité de Coordination de la PIA le 8 juillet 2026.
Certes, le Togo est loin de concurrencer les grands exportateurs africains mais on peut y voir une volonté de se positionner sur un marché promis à une forte croissance.
En effet, avec la baisse de l’aide internationale, de nombreux pays n’ont pas d’autres choix que d’accélérer l’essor de leur agriculture.
L’aide publique au développement a reculé de 7,1 % en 2024. En 2025, on a estimé une baisse entre 9 % et 17 %.
Produire davantage pour dépendre moins des importations
Dans ce nouveau contexte, l’objectif des États africains n’est plus seulement d’importer des denrées alimentaires ou de compter sur les aides extérieures. Il s’agit désormais d’augmenter la production agricole locale afin de nourrir une population en forte croissance.
Mais produire davantage nécessite des semences performantes, des infrastructures, de l’irrigation… et surtout des engrais.
Les intrants agricoles sont devenus un élément stratégique pour améliorer les rendements des cultures et renforcer la sécurité alimentaire. Cette demande est appelée à croître dans de nombreux pays africains au cours des prochaines années.
Le Togo se positionne sur ce marché
Le Togo semble avoir anticipé cette évolution. À travers la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), le pays développe progressivement une industrie de production d’engrais destinée non seulement au marché national, mais également aux pays voisins.
La PIA a ainsi annoncé avoir exporté 2 600 tonnes d’engrais en 2025 vers le Congo-Brazzaville et le Burkina Faso.
Selon la plateforme, ces exportations contribuent à améliorer la productivité agricole dans la sous-région tout en renforçant les échanges commerciaux africains.
Elles illustrent également la volonté du Togo de développer une industrie créatrice de valeur ajoutée et tournée vers les marchés régionaux.
Pourquoi le Burkina Faso est un client stratégique
Pays enclavé, le Burkina fait face à une forte croissance démographique et doit impérativement augmenter sa production agricole pour garantir sa sécurité alimentaire.
Or, l’utilisation des engrais y demeure relativement faible. Les données disponibles montrent qu’en moyenne, les agriculteurs burkinabè utilisent environ 15 kg d’engrais par hectare cultivé, un niveau jugé insuffisant pour améliorer durablement les rendements.
L’une des principales difficultés réside dans le coût des intrants. Le prix élevé des engrais, auquel s’ajoutent les frais de transport, réduit fortement leur accessibilité pour de nombreux producteurs.
Le Burkina consomme environ 300 000 tonnes d’engrais par an, principalement destinées aux cultures du coton, des céréales et du maraîchage. La quasi-totalité de ces volumes est importée.
Le Togo figure déjà parmi les fournisseurs du Burkina Faso
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les exportations annoncées par la PIA ne constituent pas une première.
Depuis plusieurs années, une grande partie des engrais utilisés au Burkina Faso provient déjà de pays de la CEDEAO, notamment du Mali, de la Côte d’Ivoire et du Togo. Cette origine régionale permet aux importateurs de bénéficier d’avantages douaniers qui réduisent le coût final des produits.
Les nouvelles exportations de la PIA s’inscrivent donc dans une dynamique déjà existante, mais témoignent du renforcement progressif des capacités industrielles togolaises.
Une opportunité pour l’industrie togolaise
Au-delà des 2 600 tonnes exportées, l’enjeu est plus large. Si la demande d’engrais continue d’augmenter en Afrique sous l’effet de la recherche d’une plus grande autonomie alimentaire, les pays capables de produire localement ces intrants pourraient devenir des acteurs économiques majeurs de la région.
Pour le Togo, la PIA représente ainsi bien plus qu’une simple plateforme industrielle. Elle constitue un levier pour développer une industrie exportatrice, créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire et renforcer le rôle du pays dans les chaînes d’approvisionnement agricoles africaines.
L’exportation de 2 600 tonnes d’engrais vers le Congo-Brazzaville et le Burkina Faso reste modeste à l’échelle du continent.
Elle traduit néanmoins une évolution de fond : l’Afrique cherche de plus en plus à produire elle-même les ressources nécessaires à son développement agricole, et le Togo entend prendre toute sa place dans cette transformation.