Des fonds pour rendre l’Union africaine autonome
Selon le projet de loi de finances du Togo, l’argent collecté grâce au Prélèvement de l’Union Africaine est directement envoyé à l’Union africaine à travers un compte spécial ouvert à la BCEAO.
L’objectif est de permettre à l’UA d’avoir ses propres ressources, sans dépendre fortement de financements venant de l’extérieur.
L’Union africaine explique que ce système doit permettre de mieux partager le financement entre les pays membres, de réduire la dépendance envers quelques pays seulement, et d’améliorer la gestion de son budget.
L’UA veut aussi garantir un financement stable et durable pour ses opérations de paix, en renforçant son Fonds pour la paix et en cherchant de nouveaux partenariats.
Certains pays africains ne prennent pas encore le PUA
La mesure du Prélèvement de l’Union Africaine, appelée Décision de Kigali, a vu le jour en juillet 2016. Malheureusement, tous les pays africains ne l’appliquent pas encore.
Au 11 octobre 2019, seulement 17 pays, soit environ 31 % des membres de l’UA, avaient intégré cette décision dans leurs lois nationales et avaient commencé à appliquer le prélèvement de 0,2 %.
Parmi eux, on peut citer le Kenya, la Gambie, le Congo Brazzaville, le Gabon, le Rwanda, le Cameroun, le Soudan et Djibouti.
Les pays d’Afrique de l’Ouest sont les meilleurs élèves. La Sierra Leone, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Bénin, le Ghana, le Nigéria, le Mali et le Togo appliquent la PUA.
Néanmoins, il faut se garder de tous les féliciter. En effet, parmi ces États, certains ne transfèrent pas tout l’argent à l’Union africaine.
L’institution ne dispose d’aucun mécanisme obligatoire pour vérifier que les sommes récoltées sont réellement envoyées.
Pourquoi certains pays africains n’adoptent-ils pas encore la mesure ?
Selon l’UA, certains petits États insulaires ont fait savoir qu’ils sont inquiets. Leurs économies sont fragiles, peu diversifiées et reposent surtout sur le tourisme.
Ils craignent que l’augmentation des tarifs sur leurs faibles importations ne crée des difficultés économiques supplémentaires.