Le chef de l’État tchadien, Mahamat Idriss Déby, a pris une décision forte ce vendredi 14 août ; par décret officiel, le président a choisi de libérer Succès Masra. L’ancien Premier ministre purgeait une lourde peine de......
Le chef de l’État tchadien, Mahamat Idriss Déby, a pris une décision forte ce vendredi 14 août ; par décret officiel, le président a choisi de libérer Succès Masra. L’ancien Premier ministre purgeait une lourde peine de 20 ans de prison. Huit autres figures politiques de la plateforme d’opposition GCAP bénéficient également de cette mesure.
Cette décision efface directement les peines de prison imposées à ces figures de la politique locale. Elle survient juste après le discours présidentiel sur la fête de l’indépendance nationale. Durant cette allocution, le chef de l’État a prôné la réconciliation entre tous les citoyens du pays.
L’économiste de 42 ans avait été condamné pour incitation à la haine et complicité de meurtre. La justice s’appuyait sur un enregistrement sonore diffusé sur les réseaux sociaux. Ce message audio aurait provoqué de violents affrontements à Mandakao, causant la mort de 41 personnes. De leur côté, les huit leaders du GCAP avaient écopé de huit ans de prison. Le tribunal les accusait de préparer une insurrection armée durant des manifestations.
Face à cette mesure, le gouvernement tente de calmer le jeu diplomatique et social. « Le chef de l’État a rappelé que chaque citoyen doit participer à la construction du pays », a affirmé Gassim Chérif, porte-parole du gouvernement tchadien, sur les ondes de RFI. L’exécutif préfère savourer cette mesure avant d’évoquer une possible amnistie totale dans le futur.
Du côté de l’opposition, la nouvelle apporte un réel soulagement. L’équipe du parti Les Transformateurs salue ce geste républicain. « Nous remercions le président d’avoir choisi la voie de la réconciliation nationale », a déclaré le vice-président du parti, le docteur Ndolembai Sadé Njesada, auprès de RFI. La formation espère ouvrir un dialogue constructif pour bâtir une paix durable.
Les avocats des prévenus ont aussitôt réagi pour concrétiser cette mesure libératoire. Ils ont accepté de retirer leurs recours légaux auprès de la Cour d’appel. « Pour respecter les termes du décret, nous avons déposé le désistement au parquet », a expliqué maître Adoum Moussa dans une dépêche diffusée par l’Agence France-Presse (AFP). L’avocat émet toutefois des réserves sur l’indépendance de la justice face aux acteurs politiques du pays.
Succès Masra possède un parcours politique très mouvementé durant ces dernières années. Après la répression sanglante de manifestations en 2022, il s’était réfugié au Cameroun voisin. Il était ensuite revenu sur ses terres grâce à un accord politique signé à Kinshasa. Nommé chef du gouvernement, il a occupé le deuxième rang lors de la présidentielle de mai 2024.
L’annonce de cette libération suscite de nombreux espoirs chez les jeunes tchadiens. La population attend désormais des actes fluides pour apaiser le climat social et relancer l’économie. Cette décision saura-t-elle instaurer un dialogue politique sincère et durable entre le pouvoir central et l’opposition ? Les prochains mois apporteront des réponses claires sur la réelle portée de cet acte présidentiel.
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