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Russie – AES : pourquoi Moscou refuse de livrer des hélicoptères Mi-35 au Mali, au Burkina Faso et au Niger

Par Dios M.
Russie – AES : pourquoi Moscou refuse de livrer des hélicoptères Mi-35 au Mali, au Burkina Faso et au Niger
La Russie vient d’envoyer un signal fort à ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel (AES). Selon plusieurs informations concordantes, Moscou a refusé une demande de livraison d’hélicoptères de combat Mi-35 formul......

La Russie vient d’envoyer un signal fort à ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel (AES). Selon plusieurs informations concordantes, Moscou a refusé une demande de livraison d’hélicoptères de combat Mi-35 formulée par la Force unifiée de l’AES (FU-AES), créée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Une décision qui relance les interrogations sur la véritable nature des relations entre le Kremlin et les trois régimes militaires sahéliens.

Moscou ferme la porte aux hélicoptères Mi-35

Au début de l’année 2026, la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel avait sollicité la Russie afin d’obtenir plusieurs hélicoptères d’attaque Mil Mi-35M, des appareils réputés pour leur puissance de feu et leur efficacité dans les opérations contre les groupes armés.

Ces hélicoptères devaient renforcer les capacités militaires communes des trois pays dans leur lutte contre les organisations djihadistes, mais également dans les opérations menées contre certaines rébellions armées présentes dans la région sahélienne.

Pourtant, le Kremlin aurait opposé une fin de non-recevoir à cette demande. Il s’agit du deuxième refus majeur adressé à l’AES après celui concernant les avions d’entraînement et d’attaque Yakovlev Yak-130 en 2025.

Des flottes déjà fragilisées

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger disposent déjà d’hélicoptères de type Mi-24 ou Mi-35 acquis au fil des deux dernières décennies.

Sur le papier, leurs forces aériennes alignent plusieurs appareils capables de mener des frappes aériennes et de transporter des commandos.

Mais la réalité opérationnelle semble bien différente.

Plusieurs sources spécialisées estiment qu’une partie importante de ces hélicoptères est aujourd’hui immobilisée faute de maintenance ou sert de réserve de pièces détachées.

Au Mali, seuls deux des quatre Mi-35M seraient réellement opérationnels. Au Niger, le Mi-24 serait hors service depuis plusieurs années, tandis qu’au Burkina Faso, certains appareils seraient exploités avec le soutien direct de l’Afrika Corps, structure paramilitaire russe qui a succédé au groupe Wagner sur plusieurs théâtres africains.

Cette situation limite fortement les capacités aériennes de la Force unifiée de l’AES.

Pourquoi la Russie refuse-t-elle ?

Le refus russe surprend d’autant plus que les trois pays affichent depuis plusieurs années un rapprochement politique et militaire avec Moscou.

Depuis les ruptures successives avec plusieurs partenaires occidentaux, Bamako, Ouagadougou et Niamey présentent la Russie comme leur principal allié stratégique.

Pour de nombreux observateurs, plusieurs facteurs peuvent expliquer cette décision :

  • les besoins militaires de la Russie restent très importants ;
  • les capacités de production des industriels russes demeurent sous forte pression ;
  • Moscou privilégierait ses propres priorités stratégiques avant les demandes africaines ;
  • les coûts d’entretien des Mi-35 nécessitent une logistique complexe que les armées sahéliennes peinent parfois à assurer.

Une alliance qui montre ses limites ?

Au-delà de l’aspect militaire, ce refus soulève une question diplomatique majeure : jusqu’où la Russie est-elle prête à soutenir concrètement les pays de l’Alliance des États du Sahel ?

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont multiplié les accords de coopération avec Moscou ces dernières années. Plusieurs entreprises russes se sont également vu attribuer des projets dans les secteurs minier et énergétique.

Malgré ce rapprochement affiché, le refus de livrer de nouveaux hélicoptères de combat laisse apparaître que les intérêts russes ne coïncident pas toujours avec les attentes de ses partenaires africains.

Quelles conséquences pour la Force unifiée de l’AES ?

L’absence de nouveaux hélicoptères pourrait ralentir les ambitions opérationnelles de la Force unifiée de l’AES.

Les trois armées devront probablement poursuivre leurs opérations avec des moyens limités, tout en cherchant à maintenir en état leurs flottes vieillissantes.

À moyen terme, cette situation pourrait également pousser les dirigeants de l’AES à explorer d’autres pistes d’approvisionnement militaire ou à renforcer leurs capacités de maintenance afin de prolonger la durée de vie des appareils déjà en service.

Notre analyse

Ce refus russe dépasse largement la simple question de la livraison d’hélicoptères. Il révèle que les alliances militaires reposent avant tout sur des intérêts stratégiques et non sur des considérations politiques ou idéologiques. Pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger, cette décision rappelle qu’un partenariat privilégié ne garantit pas automatiquement un soutien militaire sans conditions. La capacité de l’AES à diversifier ses partenariats et à renforcer son autonomie pourrait désormais devenir un enjeu majeur pour sa crédibilité sécuritaire.

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