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Potentiel agricole de la RDC : le géant qui doit encore se nourrir

Par Cedric K.
Potentiel agricole de la RDC le géant qui doit encore se nourrir
Le potentiel agricole de la RDC intrigue les experts du rapport Déméter 2026. Le pays dispose d’environ 80 millions d’hectares de terres arables, selon RFI . Pourtant, il importe encore une part de sa nourriture. Ce cont......

Le potentiel agricole de la RDC intrigue les experts du rapport Déméter 2026. Le pays dispose d’environ 80 millions d’hectares de terres arables, selon RFI . Pourtant, il importe encore une part de sa nourriture. Ce contraste résume le défi congolais.

La RDC figure parmi six pays capables d’influencer les équilibres alimentaires futurs. Le Brésil, l’Ukraine, l’Indonésie, la Turquie et l’Australie composent le même groupe. Ensemble, ces États représentent 10 % de la population mondiale et 30 % des exportations agricoles, selon RFI .

La puissance congolaise reste cependant théorique. Alain Pholo Bala estime que seulement 10 % des terres sont valorisées. Ce potentiel agricole de la RDC reste donc largement inexploité. Cette estimation laisse entrevoir une marge considérable, mais elle ne suffit pas. Une terre disponible ne produit rien sans routes, semences, équipements, crédit et débouchés.

Dans plusieurs régions, les familles cultivent le manioc, le maïs, le riz et la pomme de terre. Elles produisent aussi de la banane plantain. Le maraîchage progresse aussi dans l’Est, avec le chou, le radis et la carotte. Ces productions soutiennent les marchés locaux, malgré des coûts de transport élevés.

Le réseau routier constitue le verrou le plus visible. De nombreuses dessertes agricoles datent d’avant l’indépendance. Leur dégradation isole les bassins de production et renchérit les denrées. Elle réduit aussi les revenus des cultivateurs après la récolte.

Les filières d’exportation portent les mêmes blessures. Le café congolais ne retrouve pas le niveau des années 1980 et 1990. L’huile de palme, jadis exportée en grande quantité, reste loin de son ancien rang. Le cacao apparaît désormais comme une priorité pour les autorités, selon les éléments rapportés par RFI .

La sécurité alimentaire impose aussi une réponse rapide. La FAO estimait à 25,6 millions le nombre de Congolais touchés par la faim aiguë. Cette situation concernait la période de juillet à décembre 2024 . Les conflits ont détruit des moyens d’existence et réduit les surfaces cultivées dans l’Est.

En RDC, l’agriculture peut créer des emplois pour 70 % des Congolais vivant en zone rurale, selon RFI . Elle touche davantage de ménages que le secteur minier. Les mines attirent les capitaux, mais les champs peuvent diffuser les revenus dans les territoires.

Une partie des recettes minières pourrait financer les routes, l’irrigation, le stockage et la transformation. Ce choix rapprocherait deux secteurs souvent présentés comme opposés. Le cuivre et le cobalt fourniraient alors des ressources pour préparer la prochaine récolte.

La population congolaise devrait doubler d’ici 2050, selon RFI . Le potentiel agricole de la RDC devra donc répondre d’abord à cette demande intérieure. Si les infrastructures suivent, le pays pourrait aussi devenir un fournisseur majeur du continent. Le titre de grenier africain ne se décrète pas. Il se construit, champ après champ.

Voir aussi : Ebola en RDC : quatre présidents exigent des fonds traçables

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