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Opacité financière en Afrique : le Togo, bon élève

Par Cedric K.
Opacité financière en Afrique le Togo, bon élève
L’Algérie, l’Égypte et le Nigeria ouvrent un palmarès peu enviable dans un classement pour lequel le Togo se montre bon élève. Ce sont, selon Tax Justice Network, les pays africains qui favorisent le plus l’opacité finan......

L’Algérie, l’Égypte et le Nigeria ouvrent un palmarès peu enviable dans un classement pour lequel le Togo se montre bon élève. Ce sont, selon Tax Justice Network, les pays africains qui favorisent le plus l’opacité financière en 2026. L’organisation publie chaque année son Financial Secrecy Index, un classement qui passe au crible 141 juridictions dans le monde. Il mesure la marge de manœuvre que les lois laissent au secret financier, du secret bancaire aux visas dorés accordés en échange d’investissements.

Le Togo, lui, ne figure nulle part dans ce document. Sur les 18 pays africains retenus par l’étude, aucune ligne ne porte son nom. Cette absence pourrait ressembler à un satisfecit discret. Elle mérite pourtant d’être expliquée avec soin, sans conclusion hâtive.

L’indice ne classe pas tous les pays du monde. Il retient d’abord les juridictions qui pèsent dans les flux financiers offshore mondiaux, ceux destinés aux résidents d’autres pays. Un pays peut donc échapper au classement simplement parce que son poids financier international reste modeste. L’absence du Togo ne vaut donc pas certificat de transparence totale.

Le podium africain de l’opacité reste net. L’Algérie occupe le 31e rang mondial, avec un score de 74 points sur 100. L’Égypte suit au 32e rang mondial, avec 68 points, devant le Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud. Le Ghana ferme le top 10 continental, au 81e rang mondial. À l’inverse, l’Angola, le Liberia, la Gambie, le Botswana et le Rwanda affichent les scores les moins élevés parmi les 18 pays étudiés.

Pour comprendre la position réelle du Togo, il faut croiser d’autres sources. Un rapport de Global Financial Integrity, publié en janvier 2026, place justement le pays parmi les dix nations africaines les plus touchées par les flux financiers illicites. Ce constat nuance donc l’image d’élève modèle que suggérait, à première vue, l’absence du Togo dans le classement de Tax Justice Network. Les deux études ne mesurent pas exactement la même chose. L’une évalue ce qu’un pays offre en matière de secret aux capitaux étrangers. L’autre observe l’argent qui quitte le pays de façon irrégulière.

Pour un jeune entrepreneur togolais, ces nuances comptent. Un environnement jugé plus transparent facilite l’accès aux financements internationaux. Il rassure aussi les partenaires commerciaux et les investisseurs étrangers. À l’inverse, des flux financiers qui échappent au contrôle privent l’État de recettes fiscales. Ces recettes financent normalement les routes, les écoles et les hôpitaux.

Le Togo a par ailleurs engagé plusieurs réformes ces dernières années. L’Office togolais des recettes a notamment modernisé la collecte des impôts et des droits de douane. Le pays a également numérisé une partie de ses procédures commerciales, notamment à l’import et à l’export. Ces efforts touchent la gestion fiscale intérieure. Ils ne suffisent cependant pas, à eux seuls, à répondre aux enjeux de flux financiers illicites relevés par Global Financial Integrity.

L’indice de Tax Justice Network rappelle une réalité souvent ignorée. Les juridictions les plus opaques ne sont pas de petites îles discrètes. Ce sont, en Afrique comme ailleurs, les principaux centres financiers et les places de commerce à fiscalité attractive. À l’échelle mondiale, les États-Unis, la Suisse, Singapour, Hong Kong et l’Allemagne occupent les premières places de ce classement peu flatteur.

Reste une question pour les prochaines années. Le Togo devra choisir entre deux trajectoires. La première consiste à rester hors du radar faute de poids financier suffisant. La seconde suppose de bâtir, de façon vérifiable, une réputation de transparence assumée. Pour les jeunes actifs et les porteurs de projets, cette différence pèsera directement sur leur accès au crédit et aux marchés extérieurs.

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