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Niger : les troublantes révélations d’un officier sur la tentative de putsch à Niamey

Par Dios M.
Niger : les troublantes révélations d’un officier sur la tentative de putsch à Niamey
Quatre jours après la tentative de mutinerie qui a secoué Niamey, le témoignage d’un officier nigérien relance les interrogations sur les coulisses des événements. Le capitaine Roger Gabriel affirme avoir reçu plusieurs......

Quatre jours après la tentative de mutinerie qui a secoué Niamey, le témoignage d’un officier nigérien relance les interrogations sur les coulisses des événements. Le capitaine Roger Gabriel affirme avoir reçu plusieurs sollicitations et communications faisant état de possibles soutiens extérieurs aux militaires insurgés. Des accusations qui restent, à ce stade, à vérifier.

La nuit du 28 au 29 août 2026 pourrait encore livrer de nombreux secrets. Alors que les autorités nigériennes ont repris le contrôle des principaux sites visés par les mutins, le récit livré mardi 1er septembre par le capitaine Roger Gabriel apporte un nouvel éclairage sur les heures les plus tendues de cette tentative de putsch.

Commandant de compagnie au 1er Bataillon parachutiste, l’officier affirme avoir été réveillé par les tirs provenant de la base aérienne 101, située dans l’enceinte de l’aéroport international Diori-Hamani de Niamey. Dans un premier temps, lui et ses hommes auraient pensé à une attaque terroriste.

Sur instruction de sa hiérarchie, son unité se serait alors préparée à sécuriser son camp et une position stratégique.

Des demandes de renfort auxquelles l’officier affirme avoir résisté

La nature des affrontements aurait rapidement été clarifiée. Selon Roger Gabriel, les combats opposaient alors des éléments du BSR-COS à la Garde présidentielle.

L’officier affirme avoir ensuite été sollicité par des militaires présents sur la base 101 pour leur apporter des renforts. Il dit avoir refusé et maintenu sa compagnie dans la chaîne de commandement loyaliste.

C’est à partir de ce moment que son récit prend une dimension plus politique et internationale.

Le capitaine affirme avoir reçu plusieurs appels et messages évoquant la possibilité d’une intervention extérieure destinée à soutenir les mutins.

Le Tchad au cœur des accusations

Dans son témoignage diffusé sur la télévision nationale nigérienne, Roger Gabriel affirme notamment avoir échangé avec un officier tchadien qui lui aurait parlé d’une intervention préparée depuis le Tchad.

Selon son récit, des forces spéciales françaises auraient également été évoquées dans cette éventuelle opération.

Le capitaine dit par ailleurs avoir été contacté par des personnes présentées comme proches de l’ancien président Mohamed Bazoum. Au cours de ces échanges, plusieurs pays auraient été cités, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France.

Il évoque également des communications provenant de numéros attribués à la France, à la Belgique ou encore à Dubaï.

Le capitaine affirme avoir transmis ces informations à sa hiérarchie.

Ces déclarations ont rapidement suscité des réactions, notamment au Tchad, où elles sont contestées. Des sources militaires tchadiennes citées par TchadInfos ont rejeté les accusations, tandis que le président Mahamat Idriss Déby a appelé à ne pas « mêler le faux à la vérité ».

Ce que l’on sait… et ce qui reste à démontrer

Le témoignage de Roger Gabriel est désormais public. Mais une question essentielle demeure : les communications qu’il rapporte constituent-elles la preuve d’une opération étrangère réellement préparée ?

À ce stade, rien ne permet de l’affirmer.

Le fait qu’un officier dise avoir reçu un appel ou un message ne permet pas, à lui seul, d’établir l’identité réelle de l’interlocuteur, ses intentions ou l’existence d’une opération militaire coordonnée.

Cette distinction est d’autant plus importante que les événements de Niamey ont déjà donné lieu à plusieurs récits et accusations contradictoires.

Les faits militaires principaux sont, eux, beaucoup mieux documentés. Dans la nuit du 28 au 29 août, des soldats mutins ont attaqué des sites stratégiques de Niamey, notamment la base aérienne 101 et les environs du palais présidentiel. Les forces loyalistes ont finalement repris le contrôle de la situation avec l’appui des forces russes de l’Africa Corps.

Une bataille de loyautés au sein de l’armée

Au-delà des accusations d’ingérence étrangère, le récit du capitaine Gabriel met surtout en évidence une autre réalité : la tentative de putsch a d’abord été une crise de loyauté au sein même de l’appareil militaire nigérien.

Des militaires ont tenté de rallier d’autres unités tandis que d’autres officiers ont choisi de rester fidèles à la hiérarchie en place.

Cette bataille des ralliements pourrait être l’un des éléments les plus importants pour comprendre pourquoi le mouvement n’a pas réussi à s’étendre à l’ensemble de la capitale.

La tentative de putsch a d’ailleurs révélé les fragilités du régime du général Abdourahamane Tiani, confronté depuis plusieurs mois à une situation sécuritaire difficile et à des frustrations croissantes au sein des forces armées.

Des accusations qui pourraient désormais ouvrir une nouvelle crise diplomatique

Si elles étaient confirmées, les accusations formulées par Roger Gabriel auraient des conséquences considérables pour les relations entre le Niger et plusieurs pays de la région.

Mais pour l’heure, elles doivent rester présentées comme des allégations.

Le véritable enjeu est désormais de savoir si des éléments matériels — relevés téléphoniques, messages, enregistrements, documents opérationnels ou témoignages indépendants — permettront de confirmer ou d’infirmer le récit de l’officier.

Une chose est certaine : la tentative de putsch du 28 au 29 août n’a pas seulement exposé les divisions de l’armée nigérienne. Elle a également ouvert un nouveau front politique et diplomatique dont les ramifications pourraient dépasser largement les frontières du Niger.

NiameyNigerofficier

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