Une simple boîte de médicament est devenue virale sur les réseaux sociaux en Afrique. Au cœur des discussions : le Nexavar, un traitement à base de sorafénib dont le prix peut atteindre plusieurs centaines de milliers de......
Une simple boîte de médicament est devenue virale sur les réseaux sociaux en Afrique. Au cœur des discussions : le Nexavar, un traitement à base de sorafénib dont le prix peut atteindre plusieurs centaines de milliers de francs CFA. Certains internautes évoquent même un coût dépassant le million de FCFA. Mais que vaut réellement cette affirmation ?
L’image a largement circulé sur les réseaux sociaux africains. On y voit une boîte de Nexavar 200 mg, un médicament utilisé notamment dans le traitement de certains cancers. Très vite, une information a retenu l’attention des internautes : son prix.
Pour certains utilisateurs des réseaux sociaux, il faudrait débourser plus d’un million de francs CFA pour se procurer cette boîte. Si ce montant doit être vérifié selon le pays et le circuit d’approvisionnement, une chose est certaine : le médicament est effectivement très coûteux.
Plus de 800 000 FCFA pour une boîte en France
Les données officielles françaises permettent de donner un premier élément de comparaison.
La Base de données publique des médicaments du ministère français de la Santé indique un prix de 1 239,95 euros TTC pour une présentation de 112 comprimés de Nexavar 200 mg, soit environ 812 700 FCFA au taux fixe de 1 euro pour 655,957 FCFA.
Autrement dit, même sans appliquer les éventuels coûts supplémentaires liés à l’importation vers un pays africain, la boîte dépasse déjà largement les 800 000 FCFA sur la base de ce prix français.
Le prix effectivement payé en Afrique peut toutefois être différent. Les coûts de transport, de dédouanement, les conditions d’approvisionnement, les marges de distribution et la disponibilité du produit peuvent notamment influencer le prix final.
Il serait donc imprudent de présenter le million de FCFA comme un prix unique et officiel applicable à toute l’Afrique.
Qu’est-ce que le Nexavar ?
Le Nexavar contient du sorafénib, une substance active appartenant à la famille des inhibiteurs de protéines kinases. Il s’agit d’un médicament anticancéreux utilisé notamment dans certaines formes de cancer du foie, du rein et de la thyroïde.
Ce n’est donc pas un médicament destiné à une automédication ou à une utilisation courante.
En France, le Nexavar est soumis à une prescription hospitalière et sa prescription est réservée à certains spécialistes, notamment en oncologie et en hématologie. Une surveillance particulière est également nécessaire pendant le traitement.
Cette précision est importante dans le contexte de la viralité de la photo : voir une boîte de Nexavar sur les réseaux sociaux ne doit en aucun cas conduire quelqu’un à chercher à s’en procurer ou à l’utiliser sans encadrement médical.
Pourquoi un prix aussi élevé ?
Le coût d’un médicament anticancéreux ne se résume pas simplement au prix affiché sur une boîte.
Dans le cas d’un produit importé en Afrique, plusieurs éléments peuvent intervenir dans le prix final : le coût d’achat auprès du fabricant ou du fournisseur, le transport international, les procédures douanières, le stockage, la distribution et les marges des différents intermédiaires.
Le prix peut donc varier fortement d’un pays à l’autre et même selon le circuit par lequel le médicament est obtenu.
À cela s’ajoute une autre donnée importante : le sorafénib existe aussi sous forme générique. En France, plusieurs spécialités génériques de sorafénib 200 mg sont référencées, notamment Sorafenib Teva et Sorafenib Accord.
La disponibilité de ces génériques et leurs prix dans les différents pays africains doivent toutefois être vérifiés localement.
Un prix à ne pas confondre avec le coût réel du traitement
Autre élément à prendre en compte : une boîte de 112 comprimés ne correspond pas nécessairement au coût total d’une prise en charge.
Le sorafénib est un traitement destiné à des situations médicales complexes et sa prescription dépend de l’indication, de l’état du patient et de la décision de l’équipe médicale.
Le prix d’une boîte ne doit donc pas être interprété comme le coût universel d’un traitement contre le cancer.
C’est précisément pour cette raison qu’une image circulant sur Facebook, WhatsApp, TikTok ou d’autres plateformes ne suffit pas à déterminer combien un patient devra réellement payer.
Entre viralité et réalité du terrain
La polémique autour de cette boîte de Nexavar révèle surtout une réalité beaucoup plus large : l’accès aux traitements anticancéreux demeure un enjeu majeur de santé publique en Afrique.
Lorsqu’un médicament essentiel coûte plusieurs centaines de milliers de francs CFA, voire davantage selon le pays et le circuit d’approvisionnement, la question de l’accessibilité financière devient évidemment centrale pour les patients et leurs familles.
Mais face aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux, la prudence reste indispensable.
Oui, le Nexavar est un médicament coûteux. Oui, son prix officiel en France pour une boîte de 112 comprimés est actuellement d’environ 1 240 euros, soit près de 813 000 FCFA. Mais non, cela ne signifie pas automatiquement que toutes les pharmacies africaines le vendent à plus d’un million de FCFA.
Pour connaître le tarif réellement appliqué dans un pays donné, la meilleure démarche reste de se rapprocher d’une pharmacie hospitalière, d’un centre spécialisé en oncologie ou des autorités sanitaires compétentes.
Car derrière une photo devenue virale se trouve surtout une question beaucoup plus importante : comment garantir aux patients africains atteints de cancer un accès réel et financièrement supportable aux traitements dont ils ont besoin ?