La situation épidémiologique de dengue au Mali appelle à une vigilance renforcée. Lors du Conseil des ministres du 28 août 2026, le ministre de la Santé et du Développement social a signalé une augmentation du nombre de......
La situation épidémiologique de dengue au Mali appelle à une vigilance renforcée. Lors du Conseil des ministres du 28 août 2026, le ministre de la Santé et du Développement social a signalé une augmentation du nombre de cas confirmés de dengue par rapport à la semaine précédente. Le gouvernement a, dans la foulée, appelé la population à respecter strictement les mesures de prévention et de lutte contre les maladies.
Cette alerte intervient alors que la dengue représente depuis plusieurs années un problème croissant de santé publique en Afrique. Les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) montrent que plusieurs pays du continent ont connu des flambées importantes, avec parfois des milliers de cas et des centaines de décès.
Le Mali déjà confronté à plusieurs milliers de cas
La situation actuelle n’est pas sans précédent au Mali. Selon les données de l’OMS, le pays avait enregistré 9 976 cas suspects de dengue, dont 1 422 cas probables ou confirmés et 38 décès depuis 2023. En 2024, au 26 mai, 4 605 cas suspects, dont 614 cas probables ou confirmés, ainsi que 4 décès, avaient déjà été recensés.
Au début de l’année 2024, l’ampleur de la circulation du virus était également visible. Au 25 février 2024, le Mali comptait 1 349 cas suspects, dont 229 cas confirmés, sans décès signalé depuis le début de cette année-là. Six régions sanitaires étaient alors touchées, avec le District de Bamako comme épicentre de l’épidémie. Deux sérotypes, DENV-1 et DENV-3, avaient été identifiés dans les échantillons positifs.
Ces chiffres permettent de mieux comprendre pourquoi l’augmentation actuellement signalée par les autorités mérite une attention particulière, même si le Conseil des ministres du 28 août n’a pas communiqué de nombre précis de nouveaux cas.
Burkina Faso : une épidémie particulièrement meurtrière
Le cas du Burkina Faso constitue l’un des exemples les plus marquants de ces dernières années. En 2023, le pays a été de loin le plus touché dans la Région africaine de l’OMS.
Au 18 décembre 2023, le Burkina Faso comptait 146 878 cas suspects, dont 68 346 cas probables, ainsi que 688 décès. Le taux de létalité parmi les cas suspects était alors estimé à 0,5 %.
L’épidémie s’est prolongée en 2024. Au 26 mai 2024, l’OMS recensait 19 255 cas suspects supplémentaires, dont 5 782 cas probables ou confirmés, ainsi que 45 décès au Burkina Faso depuis le début de l’année.
À l’échelle régionale, la situation était particulièrement préoccupante : au 3 mars 2024, le Burkina Faso représentait 74 % des cas suspects et 91 % des décès liés à la dengue recensés dans les données de l’OMS pour la Région africaine.
Maurice : plus de 9 000 cas en 2024
L’île Maurice a également connu une importante flambée. L’OMS indique que plus de 9 000 cas de dengue y ont été signalés en 2024. Plus de 6 000 patients atteints de dengue ont été pris en charge selon les protocoles recommandés par l’OMS. La crise a notamment été favorisée par des pluies torrentielles et des inondations soudaines, créant des conditions favorables à la prolifération des moustiques vecteurs.
Dès le 19 mars 2024, les autorités avaient déjà enregistré 3 311 cas à Maurice et 1 363 cas à Rodrigues depuis décembre 2023. Quatre décès avaient alors été attribués à la dengue.
La Côte d’Ivoire et le Sénégal également concernés
La Côte d’Ivoire a elle aussi connu une circulation importante du virus. Entre le début de 2023 et le 11 mai 2024, l’OMS rapportait 4 050 cas de dengue, dont 325 confirmés, avec 2 décès.
Au Sénégal, la situation était moins importante en volume, mais la transmission persistait. Entre le 1er janvier et le 17 mars 2024, 22 cas confirmés avaient été enregistrés dans plusieurs régions : Dakar, Louga, Saint-Louis, Matam et Thiès.
Plus largement, l’OMS avait recensé en 2023 des flambées de dengue dans 15 pays africains, notamment le Burkina Faso, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Togo, le Bénin, le Niger, le Nigeria et l’Éthiopie. Cette année-là, 171 991 cas de dengue et 753 décès avaient été signalés dans la Région africaine de l’OMS.
Pourquoi la prévention reste essentielle
La dengue est transmise principalement par la piqûre de moustiques infectés du genre Aedes. La prévention repose notamment sur la réduction des eaux stagnantes susceptibles de servir de gîtes larvaires, la protection contre les piqûres et la consultation rapide d’un professionnel de santé en cas de symptômes.
Le ministère malien recommande notamment de dormir sous une moustiquaire imprégnée, d’éliminer les eaux stagnantes autour des habitations et de consulter rapidement en cas de fièvre persistante, de maux de tête intenses ou de grande fatigue.
L’enjeu est d’autant plus important que la dengue peut être difficile à distinguer du paludisme ou d’autres maladies fébriles sans confirmation biologique. L’OMS souligne également que les capacités limitées de diagnostic et de surveillance dans plusieurs pays africains peuvent conduire à une sous-estimation du nombre réel de cas.
Pour le Mali, l’augmentation annoncée fin août constitue donc un signal qui appelle à renforcer la surveillance, le diagnostic précoce, la lutte contre les moustiques et surtout la sensibilisation des populations, afin d’éviter qu’une hausse des cas ne se transforme en flambée de grande ampleur.