Le licenciement d’Anicette Konan par la RTI suscite une vive controverse, notamment sur le plan juridique. Au cœur du débat : la qualification de la faute retenue par la direction générale. Dans la lettre de licenciement, il est indiqué que la rupture du contrat intervient pour « faute lourde », notamment pour insubordination et abandon de poste. Une qualification que conteste fermement le juriste spécialiste du droit du travail, Arsène Touho.
Selon ce dernier, le choix de la faute lourde pose un véritable problème d’interprétation juridique. En droit du travail, la faute lourde se distingue clairement de la faute grave. Elle suppose une intention manifeste et délibérée du salarié de nuire à son employeur. Autrement dit, il ne suffit pas de constater des manquements professionnels ou un comportement inapproprié ; encore faut-il démontrer que le salarié a agi avec une volonté de porter préjudice à l’entreprise.
Dans le cas d’Anicette Konan, les faits évoqués – insubordination et abandon de poste – relèvent, selon Arsène Touho, de la faute grave plutôt que de la faute lourde. La faute grave est caractérisée par des agissements rendant impossible le maintien du salarié dans l’entreprise, sans pour autant impliquer une intention de nuire. Cette nuance est essentielle, car elle a des conséquences juridiques importantes, notamment en matière de droits du salarié après le licenciement.

