Les différents groupes armés déployés à Tripoli pour y assurer la sécurité, dont plusieurs se sont affrontés ces derniers mois, vont devoir quitter la capitale libyenne, laissant la place aux forces régulières, a annoncé ce mercredi 21 février 2024 le ministre de l’Intérieur.
« Après un mois de concertation, nous sommes parvenus à un accord avec les groupes de sécurité afin qu’ils quittent complètement la capitale prochainement. Il n’y aura plus que des agents de police urbaine, de police secours (interventions urgentes, ndlr) et ceux chargés des enquêtes criminelles », a affirmé Imad Trabelsi, ministre de l’Intérieur du gouvernement d’unité nationale.
Lors d’une conférence de presse à Tripoli, M. Trabelsi a cité plusieurs groupes parmi ceux évacués : la Force de Sécurité générale, la Force al-Radaa (dissuasion) qui contrôle l’est de Tripoli, la « Brigade 444 » qui contrôle le sud de Tripoli et la « Brigade 111 », rattachée à l’état-major.
Cette décision concerne aussi l’Autorité de soutien à la stabilité (SSA), groupe armé basé dans le quartier populaire d’Abou Slim à Tripoli, où 10 personnes ont été tuées dans la nuit de samedi à dimanche, dont des membres de la SSA.
Apparus après la chute et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 pour combler un vide sécuritaire en l’absence d’institutions étatiques stables, ces groupes influents, lourdement armés et équipés, ne sont pas sous l’autorité directe des ministères de l’Intérieur ou de la Défense, même s’ils sont financés par des fonds publics.
Ils opèrent de façon indépendante et jouissent d’un statut exceptionnel que leur ont conféré les services du Premier ministre et du Conseil présidentiel en 2021.

