Le Mali vient d’annoncer un chiffre qui parle à tous les citoyens ; le gouvernement a mobilisé 109,14 milliards de francs CFA en dix-huit mois. Cette somme provient d’un fonds alimenté par les sociétés minières du pays......
Le Mali vient d’annoncer un chiffre qui parle à tous les citoyens ; le gouvernement a mobilisé 109,14 milliards de francs CFA en dix-huit mois. Cette somme provient d’un fonds alimenté par les sociétés minières du pays. L’annonce a été faite le 31 juillet, lors d’une réunion à Bamako.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a présenté ce bilan. Il s’exprimait devant les membres du Comité de pilotage du fonds. Selon CNBC Africa, le ministre a précisé que la somme couvre la période allant de janvier 2025 à juin 2026. Ce mécanisme reste distinct des budgets classiques de l’État malien.
Ce fonds porte un nom précis : le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport. Il a été créé par une loi votée en août 2023. Cette loi impose aux compagnies minières une contribution obligatoire. Chaque entreprise verse un pourcentage de son chiffre d’affaires trimestriel à l’État.
Concrètement, les sociétés paient 1 % de leur chiffre d’affaires durant leurs cinq premières années de production. Elles ajoutent 10 % de la redevance appelée ad valorem. Ce taux passe ensuite à 2,5 % après la sixième année d’exploitation. L’argent collecté est déposé sur un compte logé au Trésor public.
Cette réforme change la manière dont le pays finance ses grands chantiers. Les mines représentent une ressource majeure pour l’économie malienne. Jusqu’ici, une large part de ces richesses échappait au budget national. Le nouveau texte oblige les entreprises à participer directement au développement du pays.
Les fonds serviront notamment à moderniser les routes, les chemins de fer et le transport fluvial. Le gouvernement souhaite aussi relancer la compagnie aérienne publique Mali Airlines. Des projets dans l’énergie et l’accès à l’eau figurent également parmi les priorités retenues. Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué pour ces chantiers.
Le ministre Sanou espère collecter au moins 50 milliards de francs CFA chaque année. Ce montant pourrait ensuite servir de garantie pour emprunter davantage. L’objectif affiché atteint 500 milliards de francs CFA de financements possibles. Ce chiffre reste toutefois une projection et non une somme déjà disponible.
La production d’or malienne influence directement les résultats futurs du fonds. Le pays a produit 42,2 tonnes d’or en 2025, contre 54,8 tonnes l’année précédente. Cette baisse s’explique par plusieurs facteurs liés au secteur minier. Les autorités prévoient un léger rebond à 43,2 tonnes pour 2026.
Ce fonds s’ajoute à d’autres mesures prises depuis la réforme minière de 2023. L’État malien affirme avoir récupéré 761 milliards de francs CFA d’arriérés auprès des compagnies. Ces sommes proviennent d’audits menés dans le secteur des mines. Elles restent séparées des recettes propres au nouveau fonds d’infrastructures.
Les autorités promettent des rapports annuels sur l’utilisation de ces ressources. Cette transparence doit permettre aux citoyens de suivre l’avancement des projets financés. Elle vise aussi à rassurer les partenaires financiers intéressés par le Mali.
Voir aussi : Recrutement à l’ONG suisse Enfants du Monde (EdM) – 05 Août 2026