En début de semaine à Paris en France, Eramet et le Gabon ont signé un protocole d’accord sur le manganèse. La cérémonie s’est tenue en présence du président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, et du président français, Emmanuel Macron. Ce document fixe une feuille de route pour transformer davantage le minerai directement sur le territoire gabonais.
Le Gabon occupe le deuxième rang mondial des producteurs de manganèse. L’an dernier, le pays a annoncé son intention d’interdire l’exportation du minerai brut. Cette interdiction entrera en vigueur en janvier 2029. Dès lors, chaque opérateur minier doit se préparer à transformer sa production sur place, sous peine de perdre l’accès au marché.
Le texte signé prévoit l’étude de trois projets industriels. Ensemble, ils viseraient une capacité de transformation atteignant 700 000 tonnes de minerai par an d’ici fin 2031. Le premier projet concerne une usine d’oxyde de manganèse près de Libreville, tournée vers les batteries et les aciers de haute performance. Sa mise en service pourrait intervenir avant fin 2028. Le deuxième projet porte sur la modernisation du Complexe métallurgique de Moanda, seul site de transformation actuellement en activité dans le pays. Le troisième projet, le plus ambitieux, prévoit une nouvelle usine d’alliages près du littoral, capable de traiter environ 530 000 tonnes de minerai chaque année.
« Nous pourrons réussir ensemble et contribuer dans la durée au développement économique et industriel du Gabon », a déclaré Christel Bories, présidente-directrice générale d’Eramet, citée dans un communiqué du groupe. Elle évoque des études techniques sérieuses et un partage clair des responsabilités entre les deux parties.
Pour l’heure, une large part du minerai gabonais quitte encore le pays sous forme brute. Le complexe de Moanda n’en transforme qu’une portion. Le marché mondial du manganèse reste par ailleurs dominé par un seul débouché. Près de 90 % du métal consommé sert à l’industrie sidérurgique, selon l’Agence internationale de l’énergie. Le segment des batteries pour véhicules électriques pèse aujourd’hui moins de 1 % de la demande. Il pourrait néanmoins atteindre 5 % en 2035, puis 10 % en 2040, toujours selon l’agence.

