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FIFA : Gianni Infantino vers la démission ? La révolte des fédérations prend de l’ampleur

Par Dios M.
FIFA : Gianni Infantino vers la démission ? La révolte des fédérations prend de l’ampleur
Le projet de Gianni Infantino visant à ouvrir une partie des activités économiques de la FIFA à des investisseurs privés rencontre une opposition grandissante. Après la contestation de l’UEFA, la Concacaf a, à son tour,......

Le projet de Gianni Infantino visant à ouvrir une partie des activités économiques de la FIFA à des investisseurs privés rencontre une opposition grandissante. Après la contestation de l’UEFA, la Concacaf a, à son tour, exprimé son rejet de la proposition dans sa forme actuelle. Une prise de position qui élargit considérablement la fronde et place le président de la FIFA face à une crise de confiance dépassant désormais les frontières européennes.

Le débat ne porte plus uniquement sur la création d’une nouvelle structure commerciale. Il touche désormais à une question beaucoup plus sensible : jusqu’où la FIFA peut-elle transformer ses actifs économiques sans fragiliser la gouvernance du football mondial ?

Après l’Europe, la contestation traverse l’Atlantique

Le projet FIFA Forward Enterprise se heurte à une opposition de plus en plus large. Après la mobilisation des 55 fédérations membres de l’UEFA, les 41 associations de la Concacaf ont également fait connaître leurs réserves sur le projet porté par Gianni Infantino.

Réunie ce jeudi, la confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes a fait part de « profondes inquiétudes » concernant la manière dont le dossier a été présenté aux fédérations.

La procédure suivie, le délai accordé aux associations pour examiner le projet ainsi que l’absence d’une analyse préalable par certaines instances compétentes de la FIFA figurent parmi les principales critiques formulées.

La Concacaf s’interroge également sur la nécessité de faire appel à des investisseurs privés alors que la FIFA dispose déjà de réserves financières importantes et génère des revenus considérables grâce à la Coupe du monde, aux droits audiovisuels, au sponsoring et à ses différentes compétitions internationales.

Cette position marque un tournant dans le dossier. Jusqu’ici, l’opposition au projet était principalement incarnée par l’UEFA. Le rejet exprimé par la Concacaf montre désormais que les inquiétudes dépassent le cadre d’un simple conflit entre les dirigeants européens et la FIFA.

FIFA Forward Enterprise, le projet qui divise

Au cœur de la polémique se trouve la création de FIFA Forward Enterprise, une nouvelle société qui regrouperait une partie des activités commerciales et événementielles de l’instance mondiale.

La FIFA assure que cette structure resterait sous son contrôle et que les décisions liées aux compétitions, aux règlements, au calendrier international et à la gouvernance du football continueraient de relever exclusivement de l’organisation.

Selon les arguments avancés par l’instance, l’ouverture d’une participation minoritaire à des investisseurs de long terme permettrait de mobiliser de nouvelles ressources financières et d’augmenter les fonds consacrés au développement du football dans les 211 associations membres.

Le projet pourrait permettre de lever jusqu’à 4,2 milliards de dollars auprès de partenaires privés.

Mais les opposants ne contestent pas seulement les objectifs financiers. Ils s’interrogent surtout sur les conséquences à long terme d’une entrée du capital privé dans une structure liée aux principales activités économiques de la FIFA.

Pour plusieurs fédérations, les garanties annoncées aujourd’hui ne suffisent pas à répondre aux questions sur l’évolution future de la gouvernance, la place des investisseurs et la pression potentielle exercée sur les compétitions pour générer davantage de revenus.

Les liens évoqués avec l’entourage de Donald Trump alimentent les interrogations

Le profil des investisseurs potentiels donne également une dimension politique au dossier.

La société Thrive Eternal, fondée par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner et proche de l’ancien président américain Donald Trump, figure parmi les investisseurs évoqués dans le cadre de l’opération.

Même si la FIFA insiste sur le caractère minoritaire et non opérationnel des participations envisagées, ces liens alimentent les interrogations sur l’indépendance future de la structure et sur les éventuels conflits d’intérêts.

Pour les détracteurs du projet, la question n’est donc plus uniquement financière. Elle concerne aussi la capacité de la FIFA à préserver son autonomie face à des groupes privés disposant d’importants moyens économiques et de connexions politiques.

La FIFA cherche à présenter l’opération comme un outil de développement mondial. Ses opposants y voient plutôt un changement profond de modèle, susceptible de renforcer la logique commerciale autour des grandes compétitions.

Gianni Infantino de plus en plus isolé ?

Avec les 55 associations de l’UEFA et les 41 membres de la Concacaf, ce sont désormais 96 fédérations nationales issues de deux grandes confédérations qui ont exprimé leur opposition au projet dans sa forme actuelle.

Ce chiffre ne signifie pas nécessairement que toutes ces fédérations voteront de manière identique lors de la décision finale. Mais il révèle une contestation suffisamment large pour fragiliser la stratégie de Gianni Infantino.

La différence entre les deux confédérations reste toutefois importante. L’UEFA a adopté une position beaucoup plus offensive en évoquant la possibilité d’un boycott des compétitions de la FIFA si le projet devait être maintenu sans modification. La Concacaf, de son côté, n’a annoncé aucune mesure de ce type.

Son rejet constitue néanmoins un avertissement politique majeur.

La Concacaf occupe une place stratégique dans le football mondial, notamment en raison du poids des États-Unis et de l’organisation de grandes compétitions sur le continent américain. Son opposition réduit donc la possibilité pour la FIFA de présenter le débat comme une simple résistance européenne.

Une bataille pour le contrôle du football mondial

Derrière le débat sur les investisseurs privés se dessine une confrontation plus profonde autour de l’avenir du football mondial.

D’un côté, la FIFA défend un modèle fondé sur l’expansion économique, l’augmentation des investissements et la redistribution de nouvelles ressources aux fédérations. De l’autre, plusieurs confédérations réclament davantage de transparence, de concertation et de garanties sur la préservation de l’indépendance du football.

Le désaccord porte également sur la méthode.

De nombreuses fédérations estiment avoir été informées trop tard d’un projet pourtant susceptible de modifier durablement l’organisation économique de la FIFA. La rapidité du calendrier et l’importance des sommes en jeu ont renforcé la méfiance.

La prochaine étape sera donc décisive. La FIFA doit désormais convaincre ses 211 associations membres avant l’échéance fixée au 19 septembre.

Gianni Infantino conserve encore des soutiens importants et dispose d’un réseau mondial solide. Mais l’opposition simultanée de l’UEFA et de la Concacaf change la nature du dossier.

Le président de la FIFA ne fait plus seulement face à une contestation européenne. Il doit désormais répondre à une inquiétude qui s’étend à plusieurs régions du monde.

Le projet FIFA Forward Enterprise pourrait ainsi devenir bien plus qu’une réforme financière. Il risque de se transformer en un véritable test de confiance pour la gouvernance de Gianni Infantino et pour l’équilibre des pouvoirs au sein du football mondial.

DémissionFIFAGianni Infantino

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