Le Soudan dit avoir abattu deux drones venus d’Éthiopie au Nil Bleu. Le second appareil a été détruit lundi 24 août, près de la frontière. Un premier avait été intercepté la veille, dans la même zone. Le ministère de la......
Le Soudan dit avoir abattu deux drones venus d’Éthiopie au Nil Bleu. Le second appareil a été détruit lundi 24 août, près de la frontière. Un premier avait été intercepté la veille, dans la même zone.
Le ministère de la Défense affirme que les deux engins sont partis du territoire éthiopien. Il n’a fourni aucun détail sur leur mission, leur opérateur ou les dégâts provoqués. Cette version n’a pas encore été étayée par une enquête indépendante.
Les images diffusées par l’armée orientent les soupçons vers Gumuz. Cette zone se trouve dans l’État éthiopien de Benishangul-Gumuz, à proximité du Soudan.
Des vues prises par satellite avaient déjà signalé un site d’instruction près de la frontière. Selon RFI, ce lieu servirait aussi de point de passage aux Forces de soutien rapide. Ces paramilitaires combattent l’armée depuis avril 2023.
Le site serait également lié aux forces d’Abdelaziz al-Hilu. Ce chef armé dispose d’une influence importante dans la région du Nil Bleu. L’aéroport d’Asosa aurait, lui aussi, connu des travaux d’extension.
Ces éléments nourrissent les accusations de Khartoum contre Addis-Abeba. La semaine dernière, le chef de la diplomatie soudanaise avait évoqué des camps liés aux FSR en Éthiopie et au Tchad.
Le ministre a aussi estimé que l’attaque ne pouvait pas venir du Nil Bleu sans aide extérieure. Cette déclaration reste une accusation politique. Elle ne constitue pas une preuve sur la chaîne de commandement des drones.
La tension survient alors que les combats gagnent les abords de la frontière. L’ONU indique que les FSR ont annoncé la prise de Geissan, le 11 août. Des affrontements ont ensuite repris autour de Kurmuk.
Selon l’ONU, des milliers de personnes ont fui cette zone en deux semaines. Certaines ont traversé la frontière pour rejoindre l’Éthiopie. Le conflit transforme ainsi les marges frontalières en nouveaux foyers de déplacement.
La guerre des drones accompagne cette progression. Les deux camps emploient désormais des appareils pour frapper des positions, des routes et des infrastructures. L’ONU estime que les drones ont causé près de 80 % des morts civiles recensées au premier semestre 2026.
Pour Khartoum, l’ouverture du front du Nil Bleu permettrait aux FSR de disperser l’armée. Les combats se concentrent aussi au Kordofan et au Darfour. Les accusations contre les Émirats arabes unis s’ajoutent à celles visant l’Éthiopie.
À ce stade, aucun élément public ne permet d’établir une responsabilité éthiopienne directe. Le drone éthiopien abattu au Soudan demeure donc au cœur d’une crise diplomatique naissante.
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