Chantage, violences physiques, abus financiers et psychologiques… Un rapport publié ce mercredi 14 janvier 2026, détaille un système d’« emprise » frôlant la dérive sectaire qui a régné pendant quarante ans au sein de la congrégation de sœurs catholiques des Bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre (BSCM).
Une commission, mandatée en 2024 par la congrégation, décrit sur 142 pages le système mis en place par l’ancienne supérieure, mère Marie Agnès, à l’« autorité excessive et inappropriée » avec « une dérive manifeste dans tous les domaines ».
Les soeurs de cette congrégation catholique avaient déjà reconnu en 2023 qu’un « système d’emprise, aux conséquences graves et durables » avait existé pendant plusieurs décennies.
Au total, après avoir rencontré les 86 sœurs actuellement membres des BSCM et 28 ayant quitté la communauté, la commission fait état de 1.489 faits sur la période « de 1969 à 2012 », allant de l’abus d’autorité au culte de la personnalité en passant par le pouvoir financier et la maltraitance physique ou psychologique.
Recrutées très jeunes, coupées de leur famille, les soeurs devaient ainsi accepter que leurs parloirs soient écoutés et leur courrier lu. « L’espionnage, l’incitation à la délation et le chantage sont présents dans tous les prieurés et sanctuaires », ajoute le rapport qui parle de « contexte clairement marqué par une dérive sectaire ».
Le rapport détaille une « suractivité » imposée aux soeurs pour « empêcher toute prise de recul », et même une « soumission médicamenteuse pour les plus récalcitrantes ».

