Face à l’effondrement de la fécondité, Singapour sort une nouvelle fois le carnet de chèques. Le gouvernement veut soutenir financièrement les familles et espère ainsi convaincre davantage de couples d’avoir des enfants......
Face à l’effondrement de la fécondité, Singapour sort une nouvelle fois le carnet de chèques. Le gouvernement veut soutenir financièrement les familles et espère ainsi convaincre davantage de couples d’avoir des enfants. Mais l’argent suffira-t-il à inverser une tendance démographique qui semble désormais profondément installée ?
Singapour fait face à un défi démographique majeur. Alors que la cité-État compte un peu plus de six millions d’habitants, son taux de fécondité est tombé à un niveau particulièrement bas.
En 2025, le nombre moyen d’enfants par femme aurait atteint 0,87, contre 0,97 un an auparavant. Une situation qui place Singapour parmi les sociétés affichant les taux de natalité les plus faibles au monde.
Face à cette situation, le gouvernement veut frapper fort.
Jusqu’à 70 000 dollars singapouriens par enfant
Lors de son discours de la fête nationale, le Premier ministre Lawrence Wong a annoncé une nouvelle série de mesures destinées à soutenir les familles.
Au total, les aides et dispositifs pourraient représenter jusqu’à 70 000 dollars singapouriens par enfant, soit environ 47 000 euros.
L’objectif est clair : réduire le coût financier associé à l’arrivée et à l’éducation d’un enfant.
Mais Singapour ne veut pas seulement aider les parents pendant les premières années.
Le gouvernement prévoit également un soutien à plus long terme.
Une aide qui accompagne l’enfant jusqu’à l’âge adulte
Lorsque l’enfant atteindra 17 ans, l’État prévoit notamment de verser 10 000 dollars singapouriens destinés à contribuer au financement des études supérieures.
Le gouvernement veut également agir sur l’un des principaux freins rencontrés par les jeunes parents : le coût de la garde d’enfants.
D’ici 2030, les autorités ambitionnent de réduire considérablement la facture supportée par les familles, avec des frais qui pourraient représenter moins de la moitié des coûts actuels.
À cela devraient s’ajouter une extension du congé parental et des mesures visant à faciliter l’accès des familles à la propriété.
Pourquoi Singapour veut-il autant de bébés ?
Derrière ces mesures se trouve une inquiétude beaucoup plus profonde.
Une faible natalité signifie mécaniquement moins de travailleurs dans les prochaines décennies et davantage de personnes âgées à prendre en charge.
Pour une économie comme celle de Singapour, qui repose largement sur une population active hautement qualifiée, le vieillissement démographique représente donc un enjeu économique majeur.
Le gouvernement cherche ainsi à éviter qu’une génération moins nombreuse ne doive financer les besoins d’une population vieillissante de plus en plus importante.
Mais l’argent peut-il vraiment convaincre les couples ?
C’est toute la difficulté.
Singapour n’est pas le premier pays à tenter de lutter contre la baisse de la natalité avec des aides financières.
Le problème est que la décision d’avoir un enfant ne dépend pas uniquement du coût financier.
Le logement, la pression professionnelle, le temps disponible, les attentes sociales, la stabilité du couple et les perspectives économiques jouent également un rôle déterminant.
Et lorsque la fécondité descend sous le seuil d’un enfant par femme, le problème devient particulièrement difficile à inverser.
Le véritable défi commence maintenant
Avec ses nouvelles mesures, Singapour fait donc le pari que réduire le coût de la parentalité permettra de lever certains obstacles à la naissance.
Mais les autorités devront également répondre à une question plus complexe :
les jeunes Singapouriens renoncent-ils à avoir des enfants parce qu’ils n’en ont pas les moyens… ou parce que leur conception de la vie familiale a profondément changé ?
Si la première hypothèse domine, les dizaines de milliers de dollars annoncés pourraient produire des résultats.
Si la seconde est la principale cause, même 47 000 euros par enfant pourraient ne pas suffire à inverser la tendance.
Et c’est probablement là que se trouve le véritable défi de Singapour : transformer une politique d’aide financière aux parents en véritable politique de soutien à la parentalité.