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Cameroun : absent depuis plusieurs semaines, Paul Biya remanie son armée

Par Cedric K.
Paul Biya Cameroun
Absent depuis deux mois de son pays, le président du Cameroun, Paul Biya, vient de bouleverser la hiérarchie militaire de son pays. Trois décrets, signés depuis Genève, redessinent le commandement des forces armées. Âgé......

Absent depuis deux mois de son pays, le président du Cameroun, Paul Biya, vient de bouleverser la hiérarchie militaire de son pays. Trois décrets, signés depuis Genève, redessinent le commandement des forces armées.

Âgé de quatre-vingt-treize ans, Biya a quitté le Cameroun le 7 juin dernier. Son entourage avait alors évoqué un court séjour privé en Europe.

Depuis, aucune apparition publique n’est venue confirmer son état de santé ni son emploi du temps. Cette absence alimente désormais toutes les spéculations.

Les nouveaux décrets modifient en profondeur la protection rapprochée du président. Cinq colonels accèdent au grade de général de brigade dans cette réorganisation. Parmi eux, Raymond Jean Charles Beko’o Abondo obtient une promotion particulièrement symbolique. Commandant de la garde présidentielle depuis treize ans, il conserve son poste avec un grade supérieur.

Cette nomination marque une première depuis la création de cette unité en 1985. Jamais son commandant n’avait atteint le rang de général auparavant. Le général Ebaka Hypolite devient, de son côté, major-général des armées camerounaises. D’autres officiers prennent la tête de commandements territoriaux répartis dans plusieurs régions militaires du pays.

Ce type de remaniement n’étonne guère les observateurs habitués aux méthodes de Biya. Le président a régulièrement réorganisé son armée lors de périodes de tension politique. Après le coup d’État survenu au Gabon il y a trois ans, un mouvement similaire avait déjà eu lieu. La chute soudaine de la dynastie Bongo avait alors inquiété plusieurs régimes voisins du continent.

L’an dernier, Paul Biya avait également remanié ses hauts gradés avant une élection présidentielle contestée au Cameroun. Il briguait alors un huitième mandat, remporté malgré les accusations de fraude de l’opposition. En juin, de nouvelles promotions avaient déjà touché les forces de défense et de sécurité. Cette répétition de gestes similaires trace un schéma familier chez le dirigeant camerounais.

Pour les jeunes Camerounais qui suivent l’actualité politique, ces nominations posent une question simple. Qui dirige réellement le pays pendant que son président reste injoignable à l’étranger ? Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a tenté de rassurer l’opinion sur RFI. Il affirme que Biya reste vivant et rentrera prochainement au Cameroun.

Cette version officielle peine toutefois à convaincre une partie de la classe politique locale. Mamadou Mota, vice-président du parti d’opposition CRM, dénonce un vide institutionnel manifeste. Selon lui, un pays ne peut pas être gouverné à distance, depuis une chambre d’hôtel étrangère.

D’autres éléments renforcent ce sentiment d’incertitude au sein de l’appareil d’État. Le poste de vice-président, créé en avril dernier, demeure toujours vacant à ce jour. Le nouveau gouvernement promis après les élections n’a jamais été formé depuis. Ces retards répétés alimentent les doutes sur la capacité de l’exécutif à fonctionner normalement.

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