Bénin : le gouvernement est clair ; il veut mettre fin à ce travail

Bénin travail des enfants

Crédits photo : Theatrum Belli

Au Bénin, le gouvernement a lancé ce mercredi la deuxième édition de la campagne « Tolérance Zéro au travail des enfants dans les secteurs à forte prévalence ».

La cérémonie s’est tenue à Sèmè-Podji. Les autorités entendent éradiquer l’exploitation des mineurs dans l’agriculture, les mines, les marchés et les chantiers de construction.

La ministre du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys, a présidé la rencontre en présence de Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. Bref, la ministre conseillère aux Affaires sociales et au Travail, Mariam Djaouga Sacca, figurait également parmi les personnalités officielles. La préfète de l’Ouémé, Marie Akpotrossou, le maire Jonas Gbenameto et le représentant résident de l’UNICEF au Bénin, Ousmane Niang, ont pris part à l’événement.

Selon l’Agence de Presse Africaine, plusieurs représentants du Bureau international du Travail, du Comité directeur national de lutte contre le travail des enfants et des ministères sectoriels ont assisté à la cérémonie.

Le patronat béninois, les organisations syndicales, la société civile, les forces de sécurité, les leaders communautaires, les parents et les enfants ont mobilisé leurs délégations.

Les données officielles révèlent une baisse du phénomène depuis une décennie. Le taux de prévalence atteignait cinquante-deux virgule cinq pour cent en 2014. Il a chuté à dix-neuf virgule neuf pour cent en 2022 selon les résultats de l’enquête MICS réalisée par l’INSTaD. Cette diminution représente un gain de trente-deux points en huit ans.

Le gouvernement compte atteindre les cibles du point sept de l’Objectif de développement durable huit sur le travail décent. Enfin, l’ambition demeure loin de se réaliser malgré les progrès enregistrés. Des enfants continuent d’œuvrer dans les marchés, les rues, les centres d’apprentissage, les carrières de mines et les chantiers. Certains subissent la mendicité ou accomplissent des travaux dangereux dans des maisons particulières.

Le site du gouvernement rapporte que la campagne adoptée conjointement par le ministère du Travail et celui des Affaires sociales vise cinq secteurs prioritaires. Les mines et carrières concentrent une partie des mineurs exploités. L’agriculture mobilise une main-d’œuvre enfantine considérable dans le nord du pays. Les marchés, les chantiers de construction et les activités de rue complètent cette liste.

Le décret numéro deux mille onze tiret zéro vingt-neuf du trente et un janvier deux mille onze porte la liste des travaux dangereux interdits aux enfants en République du Bénin. La législation en vigueur prohibe toute forme d’exploitation ou de maltraitance des enfants. Les textes nationaux s’alignent sur les conventions internationales signées par le Bénin.

La première édition de la campagne avait été lancée le treize avril deux mille vingt-trois à la salle des fêtes des Tours administratives. Une sensibilisation grand public s’était tenue l’après-midi même au marché Dantokpa, le plus grand marché du pays.

Le département du Zou affiche un taux de vingt-deux virgule cinq pour cent, supérieur à la moyenne nationale. Les ministres ont effectué le trois avril deux mille vingt-cinq une descente au marché Houndjro à Abomey et à la gare routière de Bohicon. « Les enfants à l’école, les adultes au travail », ont-elles martelé.

Le gouvernement luxembourgeois soutient financièrement le programme. L’UNICEF accompagne techniquement les autorités béninoises. Le Bénin participera à la sixième Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants à Marrakech au Maroc du onze au treize février.

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